
Passes noires (2002) de Giosuè Calaciura, traduit par Lise Chapuis…
Le résumé de l’éditeur: «Nous partîmes la nuit suivante et ce fut le noir. Dans la soute, il n’y avait plus ni lueurs ni reflets, que le noir répété mille fois jusqu’à ne plus être un nombre, et mille fois le râle de l’asphyxie, la neuvaine du salut, la prière des torturés.»
Passes noires, conte des mille et une nuits de brutalité et de solitude, donne à voir l’apocalypse des femmes venues au monde pour l’esclavage et l’injustice. Arrachée à son Afrique natale par des négociants de chair fraîche, la jeune Fiona échoue dans un port italien où elle rejoint l’Amie chère, Cendrillon et la Boiteuse pour vendre son corps dans les obscénités et les humiliations des soldats, étudiants, pères de famille, magistrats, marchands de fritures et prélats qui dévorent les filles à vil tarif, sous l’œil mort de la sainte patronne de la ville.
Pour avoir déjà lu du Giosuè Calaciura avec Borgo Vecchio, je me devais de lire à nouveau cet auteur italien dont j’avais aimé le style et l’ambiance qu’il avait installé dans ce roman. Je me suis dit qu’avec un résumé tel que celui de Passes noires, le mariage ne pouvait que bien fonctionner. Ce fût encore plus fort que ce à quoi je m’attendais.
Giosuè Calaciura, visiblement très inspiré a distillé une prose puissante et poétique pour raconter cette histoire et ces destins cruels. Traite sexuelle, misère sociale, c’est une Italie sombre que raconte Passes noires. Pas d’angélisme à attendre, ce sont les tragédies invisibles que nous expose Giosuè Calaciura.
Et c’est beau, littérairement beau car ce style prend les tripes et ne les lâche jamais. Les phrases, autant d’uppercuts, autant de coups dans le ventre qui nous plie en deux et nous force à mettre le nez dans la merde. Passes noires est une lecture viscérale qui m’a chamboulé.
Cela m’a vraiment donné envie de lire d’autres romans de Giosuè Calaciura pour voir ce qu’il donne avec d’autres sujets. Des conseils peut-être?
