
La Demeure des lémures (2006) de Léo Barthe, alias Jacques Abeille…
Le résumé de l’éditeur: Une petite bonne est engagée dans la maison du maître, où règnent le silence et le mystère. Si elle se donne du mal pour se montrer irréprochable, elle ne peut oublier cet homme austère, croisé ici et là, dont le charme et le charisme lointains la troublent jusque dans ses rêves. Encore naïve des choses du sexe mais avide de découvertes, elle entreprend alors de le séduire. Sa fougue et son impudeur ont bientôt raison de l’apparente impassibilité du maître, qui prend sur lui d’éduquer la petite bonne bientôt plus si naïve, et plus du tout innocente. Dans la moiteur de l’été, tandis que les amants se rejoignent chaque nuit et que la volupté de leurs ébats trouble la somnolence de la demeure ancestrale, un complot se trame dans l’ombre.
Avec La Demeure des Lémures, je poursuis l’exploration de l’univers érotique de Léo Barthe. Et avec cette langue classique et élégante, son ambiance surannée, ce roman a un ton, une personnalité.
Ce que j’apprécie particulièrement avec Léo Barthe, c’est qu’il ne sombre pas dans l’accumulation de l’obscène pour satisfaire le jouisseur littéraire. La Demeure des Lémures est un vrai roman avec des personnages qui, s’ils sont explicitement sensuels, ne se réduisent pas à cela.
Ainsi, plongé dans un huis-clos daté, celui des grandes demeures et des employés de maison qui logent sur place, on peut suivre les deux visages de mondes qui cohabitent et qui pourtant ne sont pas égaux.
Léo Barthe a su donner à cette histoire une grandeur qu’elle aurait pu ne pas avoir, vu le genre qu’on lui donne — ça peut paraître ridicule — pourtant, c’est une belle histoire d’amour.
Je ne sais pas par quelle œuvre pour continuer avec cet auteur. J’hésite à tenter de lire Jacques Abeille sans être sûr d’y trouver la liberté qu’il prend avec l’érotisme. Un conseil ?
