
tah l’époque (2023) d’Oliver Lovrenski, traduit par Marina Heide…
Le résumé de l’éditeur: Ils avaient quinze ans et déjà le monde leur avait retiré ses promesses. Ivor, Marco, Arjan, Jonas – une fraternité forgée dans la poussière des terrains vagues, dans la fumée des halls d’immeubles, dans l’ombre d’une ville qui ne les nommait pas. Ensemble ils défiaient les règles du jeu. La rue comme royaume, la nuit comme frontière, et le langage comme arme. Mais au détour d’un soir, un inconnu leur dit : Tu peux aimer la rue, mais elle ne t’aimera jamais. tah l’époque est l’histoire d’une jeunesse sans abri, et d’un écrivain qui, à dix-neuf ans, sait déjà que la beauté et la perte ont le même visage.
Attiré par cette couverture flashie, je me suis dit que ce roman contemporain français urbain pourrait me plaire. Je n’ai pas attendu longtemps pour débuter cette sortie de février 2026. Et c’est à ce moment là seulement que je me suis rendu compte qu’Oliver Lovrenski est norvégien et que tah l’époque allait me montrer une Norvège bien loin des Îles Lofoten.
Dans une langue brute propre au barbarisme urbain local, Oliver Lovrenski nous raconte l’histoire universelle de la misère sociale qui fait naitre des solutions de survies illégales, des caractères violents sur le fil de la perte de contrôle. On est plongé dans les amitiés par habitude, la drogue, le traffic et les désillusions sur les relations normales impossibles. Des mondes antagonistes où l’amour ne peut pas perdurer.
tah l’époque est écrit sur un portable, la ponctuation est optionnelle comme les majuscules. Oliver Lovrenski, jeune auteur de 19 ans ne manque pas de cette poésie de la rue désenchantée. Ce fatalisme qui donne aux mots une force supplémentaire. Il y a dans l’encre des pages cette souffrance sourde, ce poids écrasant qui est magnifié par le romanesque.
tah l’époque me fait penser à ses romans exutoires, nécessaires, cathartiques dont l’auteur a besoin comme soupape. Un roman habité par son auteur.
