LA BOULE NOIRE DE SIMENON

La boule noire de Simenon par Livrepoche.fr

La boule noire de Simenon…

Autant le dire tout de suite, La boule noire n’est pas un thriller, encore moins un policier. Je ne le rentrerais pas dans ce qu’on appelle les romans « durs » de Simenon. Pour moi, c’est un roman social (mais ça reste assez réducteur). Il se dégage de La boule noire une telle fraicheur, une telle modernité que c’est assez troublant de penser qu’il a été écrit il y a plus de 60 ans. Croire que nous ne sommes pas les mêmes qu’il y a 60 ans est à revoir. La boule noire est atemporel.

le résumé de l’éditeur de poche, iciLe petit moteur de la tondeuse à gazon communiquait sa trépidation au bras de Higgins et, par son bras, à son corps entier, de sorte qu’il n’avait plus l’impression de vivre au rythme de son propre coeur mais à celui de la machine. Rien que dans la rue, il y en avait trois, plus ou moins pareilles, qui fonctionnaient en même temps, avec le même bruit rageur, parfois des ratés, et, quand l’une d’entre elles s’arrêtait, on en entendait d’autres plus loin dans le quartier.

Si le début partait pour être un petit bijou de roman noir, comme Dimanche ou Le destin des Malou, que tous les éléments étaient en place pour nous amener là où je me promettais déjà, Simenon fait un contrepied imprévisible. La boule noire devient un roman de l’intime, de la critique sociale avec une densité assez incroyable pour un si petit texte.

Magnifiquement vivant, Simenon est à l’aise dans le registre du relationnel, de la pensée. Parfaitement maitrisé, équilibre et style sont au service de la lecture. Il ne manque rien. Le roman met en avant les errements d’une société humaine « de communauté », ses faux semblant, ses ambitions, ses pressions sociales, ses obligations citoyennes, ses abus, ses oublies…

Simenon nous ouvre un monde complexe et dense avec une finesse et une élégance magistrale. Il n’est pas utile de préciser ni quand ni où se déroule l’action de La boule noire. C’est partout, c’est tout le temps (contemporain). C’est nous, c’est moi! Les tondeuses à gazons de déchirent elles pas l’air printanier de notre tranquillité pavillonnaire ?

Livrepoche.fr, un livre, une poche…

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  1. Pingback: IL Y A ENCORE DES NOISETIERS DE SIMENON - livrepoche

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