IL Y A ENCORE DES NOISETIERS DE SIMENON

Il y a encore des noisetiers de Simenon par Livrepoche.fr

Il y a encore des noisetiers de Simenon…

Le résumé de l’éditeur de poche, ici: Étais-je, ce matin-là, plus ou moins heureux que les autres jours ? Je n’en sais rien et le mot bonheur n’a plus beaucoup de sens pour un homme de soixante-quatorze ans. En tout cas, la date reste dans ma mémoire : le 15 septembre. Un mardi. À six heures vingt-cinq, Mme Daven, que j’appelle la gouvernante, est entrée sans bruit, sans remuer d’air, et a posé ma tasse de café sur la table de nuit avant de se diriger vers la fenêtre et de tirer les rideaux. J’ai vu tout de suite qu’il n’y avait pas de soleil, que l’air était brumeux, qu’il pleuvait peut-être.

Une fois de plus, ce roman de Simenon est classé sur le site de l’éditeur de poche dans les polars / thrillers. C’est une aberration car Il y a encore des noisetiers n’est pas plus un polar qu’un roman dur (comme sont qualifié les romans de Simenon hors Maigret). Il serait peut-être temps d’ajouter à Simenon une autre étiquette ou alors, lui enlever celle qu’il a et le considérer comme un auteur de Littérature. Tout simplement. Littérature avec un « L » majuscule.

Car Simenon, c’est beaucoup plus que Maigret (que je n’ai pas encore lu d’ailleurs). Il est beaucoup plus qu’un auteur de genre. Il est vraiment un auteur francophone majeur dont ses oeuvres sont d’une richesse insoupçonnée. Il ne faut pas se fier à la taille de ses romans, encore moins à leurs couvertures noire suggérant un polar.

Il y a encore des noisetiers (189 pages), c’est une fresque familiale lumineuse racontée par un patriarche au crépuscule de sa vie. Dans une langue intemporelle et ultra vivante, Simenon dépeint un tableau plein de tendresse et d’émotions. C’est le temps des bilans et une lettre en provenance des États-Unis bouleverse malgré lui son existence.

Les dialogues de Il y a encore des noisetiers sont d’une saveur subtile ; Ils sont la substance vivante de ce récit. Il n’est pas évident de rendre vivante la parole à la lecture. Trop souvent littéraire, les dialogues sonnent faux. Mais ici, chez Simenon, ce n’est pas le cas. En dialoguiste talentueux, il convie le lecteur à être le témoin privilégié des scènes de vie du roman.

Il se dégage de ce roman, l’impression que chaque mot est à sa place, parfaitement employé, justement utilisé pour transmettre naturellement le récit. C’est l’oeuvre d’un grand auteur. Ceux qui pense que Simenon, c’est une sorte de littérature désuète (j’en faisais partie), il n’en est rien, bien au contraire. Il est un auteur intemporel. Sorti dans les années 60, il y a très peu d’éléments trahissant cette période.

Il y a encore des noisetiers est la pieuvre supplémentaire, s’il en fallait, du talent de George Simenon. Je la place à l’égal de Le destin des Malou ou La boule noire

Livrepoche.fr, un livre, une poche…

4 Comments
  1. Je suis contente d’être passée par ton blog, curieuse que j’étais de lire ton avis sur cet auteur si reconnu pour ses Maigret et que je connais pourtant si peu. Et autant les Maigret ne m’intéressent pas, autant ce titre que tu nous présentes (sous un jour nouveau pour moi), me donnerait bien envie de m’y coller!
    Merci donc pour ça

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