VITA BREVIS DE JOSTEIN GAARDER

Vita brevis (1996) de Jostein Gaarder…

Le résumé de l’éditeur de poche, iciDans une librairie de Buenos Aires, une liasse de feuillets manuscrits très anciens est découverte. Il s’agit d’une longue lettre d’une certaine Floria Æmilia, adressée à Aurèle Augustin (l’auteur des Confessions). Floria, qui vécut avec Saint Augustin une véritable passion, fut finalement rejetée par ce dernier. Et l’amante révoquée ne sait comment reconquérir celui qu’elle aime: « ma rivale n’était pas une autre femme et je ne pouvais pas la voir, elle était un concept philosophique… Elle était la rivale de toutes les femmes, l’ange de mort de l’amour. »

Jostein Gaarder, l’auteur du Monde de Sophie, nous livre ici un portrait de Saint Augustin, étayé par des passages des Confessions, où le célèbre philosophe n’a pas forcément le beau rôle…

Vita brevis est une oeuvre troublante car l’auteur, Jostein Gaarder cherche (et réussit) à créer de l’incertitude. Mais cette incertitude, elle vient après coup. Car pendant la lecture, tout bon lecteur fait une confiance aveugle à l’auteur. Et il m’a fallu faire 2-3 recherches pour en savoir plus, pour me rendre compte que ce récit qui prend des airs de vérités est un roman.

Ce qui me plaît avec Jostein Gaarder, c’est qu’il est souvent dans la transmission du savoir et qui déplace les curseurs qui positionnent l’auteur et le lecteur.. Dans Vita brevis, il amène à penser que ce que raconte un auteur, même sous couvert de vérité, est à mettre en doute. Toujours, il y aura la subjectivité de celui qui raconte.

Ici, Jostein Gaarder se met en scène pour introduire cette lettre traduite par lui-même de Floria Aemilia, l’amante de Aurèle Augustin avant qu’il ne devienne Saint Augustin. Elle lui aurait écrit une réponse à ses fameuses Confessions. On aurait tendance à le croire, à lui faire confiance.

Dans Vita brevis, on retrouve le philosophe enseignant dans le discours de l’amante révoquée qui argumente contre la religiosité de Saint Augustin. Et comme Dans un miroir, obscurVita brevis est très scolaire, didactique, vulgarisateur de la philosophie. C’est cette simplicité, cette évidence qui me dérange (ou plutôt qui ne me transporte pas). Ce n’est pas (ou plus) le genre de roman qui me font l’effet d’une révélation.

Ici, c’est le décalage vrai/faux, réel/romancé, possible et probable qui se révèle être intéressant et au final, une belle histoire d’amour également.


Livrepoche.fr, un livre, une poche…

11 Comments
    • Merci Cheyenne! Je vais pas chercher les décors très loin, je vais juste dans le jardin! Mais je commence à manquer d’imagination!

  1. Cela a l’air bien mais un je n’sais quoi m’arrête. Mais peut-être que ça a plus à voir avec ma réceptivité du moment face à ce type de roman…

    Cependant j’aime l’idée d’avoir à remettre en question la véracité de ce que pose l’auteur comme vérité/réalité… Cela me rappelle un autre roman qui posait lui plus la question de la véracité de nos souvenirs et au-delà de cela, du réel dans l’Histoire (enfin le roman est autre chose aussi mais il amène pas mal de réflexions).

    • Salut C’era et désolé pour cette réponse tardive (tu en connais la raison!;))
      Comme toi, j’aime bien quand un roman n’est pas seulement une histoire racontée mais aussi une mise en perspective, une interaction entre le lecteur et l’auteur, un jeu. Mais faut que ce soit bien amené, comme ça l’est ici par exemple.Et le livre dont tu parles, n’as-tu pas le titre qui te serais revenu?

    • Oh oui je l’ai bien en mémoire : il s’agit du roman de Julian Barnes : une fille, qui danse (la virgule à cet endroit n’est pas une erreur).
      L’histoire principale c’est toute une réflexion déjà et il y a en plus cette autre histoire entre les lignes dont les contours se dessinent au fur et à mesure qui m’a terriblement intéressée.
      Bref, un roman coup de coeur! ^^

    • Peut-être à cause du titre avec des éléments qui ne sont pas très attirant pour un lecteur masculin! Une fille, qui danse. Je suis pas le plus enthousiaste là. Mais je vais le mettre dans ma Wish quand même!

    • Oh ce titre français ne doit pas t’induire en erreur quant au contenu. Je ne le trouve pas spécialement bon ce titre d’ailleurs. Je te laisse découvrir son origine à la lecture ^^

      Sache juste que le narrateur est masculin!

      Le titre anglais est The sense of an ending mais je crois que Julian Barnes avait songé à un titre encore plus évocateur de la réflexion qui se tient dans les pages du roman : Trouble

      (cela m’avait pris du temps pour trouver les mots pour parler de cette lecture sur le blog…)

      J’espère vraiment que tu le liras et qu’il saura te plaire (si l’achat te fait peur, je peux même te le prêter!)

    • Je l’avais noté C’era! Je te fais confiance! je vais aller chercher ta chronique pour la lire! Les commentaires sont fermés et je ne peux pas te laisser de messages sur ton blog. Je le fais donc ici! Tu m’as donné beaucoup plus envie de le lire ce roman, ta chronique est pour le moins, intrigante! J’adore!
      Et merci pour la proposition de prêt mais ce sera moins cher de l’acheter en poche que les 2 envois postaux!

  2. Pingback: L'IDOLE DE ROBERT MERLE - Livrepoche.fr

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