
Métaphysique de la viande (Nuit noire 2011, Paranoïa 2016) de Christophe Siébert…
Le résumé de l’éditeur: Métaphysique de la viande reprend deux romans cultes : Nuit noire, la genèse et les fantasmes d’un tueur en série, et Paranoïa, un polar de gare nerveux et violent, entre récit de fin du monde et délire complotiste
Nuit noire
Je commence ma découverte de cet auteur par le diptyque qui compose la Métaphysique de la viande, Nuit noire. Christophe Siébert semble ne pas s’encombrer de la bien-pensance lorsqu’il écrit tant ce roman flirte avec les extrêmes. Sexe ou violence, il place les curseurs là ou ça dérange, là où le malaise est quasi certain. Et j’aime ce positionnement.
Pour l’histoire, la narration à la 1re personne de cet énergumène très dérangeant nous plonge dans un univers bien sombre, théâtre de pensées déviantes, psychotiques, d’attitudes pathologiques du vice et c’est l’omniprésence des fluides qui rend cette Nuit noire très viscérale.
Outre le sujet très dérangeant, j’ai bien aimé être aux bornes du racontable, poussé dans mes limites avec une histoire qui n’est pas que prétexte à écrire des saletés mais une vraie histoire, avec un développement psychologique et une évolution de l’intrigue, suffisamment romanesque pour me plaire.
Nuit noire n’est pas recommandé pour les lecteurs sensibles. Je trouve Christophe Siébert est clairement dune filiation sadienne.
Paranoïa
Dans ce diptyque, Paranoïa a été pour moi le plus confus des 2 romans de la Métaphysique de la viande. Je dis confus car dès le début, le titre insinue cette zone floue du réel ou du délire. Et Christophe Siébert, avec une conviction jamais trahi, laisse le lecteur dans cet espace d’incertitude.
En soi, ce n’est pas critiquable. C’est aussi ce qu’il raconte. Le nombre de points de vue augmente encore l’incompréhension. Et il est difficile d’accrocher à quelque chose qu’on ne comprend pas. Cela a été le cas pour moi.
Tout comme Nuit noire, Paranoïa est intense et la violence n’est pas celle de mes habituelles lectures de polars ou de thrillers. Christophe Siébert va chercher les choses qui dérangent, qui mettent mal à l’aise, qui grattent la conscience. La bien pensance n’a qu’à aller se faire foutre. J’aime lire ces étrangetés qui repoussent les limites littéraires, trop rares à mon goût.
Ce n’est pas une lecture à mettre entre toutes les mains, bien entendu, il faut une certaine acceptation de se laisser guider dans les marges et les déviances pour ne pas être bousculé par Paranoïa.
