LE VENTRE DE PARIS D’ÉMILE ZOLA

Le Ventre de Paris (1873) d’Émile Zola…

Le résumé de l’éditeur de poche, iciC’est dans les Halles centrales de Paris récemment construites par Baltard que Zola situe le troisième épisode des Rougon-Macquart. Après « la course aux millions » décrite dans La curée, ce sera la fête breughelienne du Ventre de Paris, tourbillonnante et bigarrée, ses amoncellements de victuailles, ses flamboiements de couleurs, ses odeurs puissantes de fermes, de jardins et de marées.
Florent, arrêté par erreur après le coup d’Etat du 2 décembre 1851, s’est évadé du bagne de Cayenne au bout de sept ans d’épreuves. Il retrouve à Paris son demi-frère qui, marié à la belle Lisa Macquart, fait prospérer l’opulente charcuterie Quenu Gradelle. Mais la place de Florent est-elle à leurs côtés ? A-t-il renoncé à ses rêves de justice ? Car si l’Empire a su procurer au « ventre boutiquier, au ventre de l’honnête moyenne… le consentement large et solide de la bête broyant le foin au râtelier », il n’a guère contenté les affamés. Et la grande kermesse flamande va réveiller bientôt l’éternel affrontement des Maigres et des Gras.
Nulle part peut-être, mieux que dans Le Ventre de Paris, n’éclate ce don épique qui s’appuie sur le réel pour le déborder bientôt et le transfigurer dans une lumière nouvelle. […] Pour la première fois ici, un écrivain a discerné et pris en charge la beauté du paysage urbain moderne. Balzac l’avait pressentie, Baudelaire l’avait exaltée, mais c’est Emile Zola qui en a compris la vraie force et qui, avant tout autre, l’a placée au cœur d’un univers romanesque, lui donnant enfin ses lettres de noblesse littéraire.

Attention, oeuvre magistrale! Et je dis rarement ça à la légère. Je ne suis même pas sûr de l’avoir déjà employé. En tout cas, jamais à la légère. Je crois que je suis en train de devenir un féru d’Émile Zola et Le Ventre de Paris ajoute un peu plus à cette admiration. Et je tiens à préciser que je n’ai jamais été un lecteur universitaire. J’entends par là qu’on ne m’a pas appris à aimer les oeuvres classiques, c’était plutôt l’inverse.

La Fortune des Rougon (#1) ne m’avait pas emballé et je voyais déjà la difficulté à lire, ce que je me suis promis de faire, toute la Saga. Mais dès La Curée (#2), j’étais séduit. Le Ventre de Paris (#3) confirme tout le bien que je pense de d’Émile Zola.

Je ne vais pas en rajouter sur le travail extraordinaire de documentaliste que réalise Émile Zola. C’est prodigieux de précisions. Ses descriptions légendaire (certains les trouve rébarbatives ou fastidieuse) le précèdent et peuvent faire peur. À mon goût, et d’autant plus dans Le Ventre de Paris, elles apportent, à coup de zoom, une focalisation ultra-nette sur une zone, un sujet, un élément ou un personnage.

Ce qui est surprenant, c’est la parfaite maitrise du rythme, de l’équilibre qu’Émile Zola développe dans Le Ventre de Paris. Il est assez prodigieux de voir les thématiques qui se chevauchent, se rencontrent et apportent d’autres dimensions au récit. Le fond est subtil, le tout incroyablement vivant et immersif.

Le Ventre de Paris, c’est surtout et encore l’évolution d’un monde en plein changement, incarné par une galerie de personnages superbement jubilatoires. J’ai en tête la scène où le petit Muche se joue de la petite Pauline au parc. Un vrai régal!

Là, ce sont les Halles de Paris qui sont vraiment le centre de l’histoire, leur évolution, leur transformation et Émile Zola montre un talent certain à restituer le ton, l’humeur, la vie qui y régnait. J’ai été parisien tout le temps de cette lecture.

Et peu à peu (ce n’est que le tome 3), se dessine l’incroyable Saga avec ses personnages secondaires qui sont à peine évoqués, qui apparaissent ça et là, qui apparaitront dans d’autres romans, leur croisement de vie, les liens familiaux, tout ça donne une aura de monumentalisme à cette oeuvre.

Je ne sais pas si ça se voit mais je commence à être gourmand d’Émile Zola et je ne saurais trop conseillé de ne pas se bloquer sur les descriptions. Si vous faites comme moi, si vous les considérez comme une musique, une forme poétique qui jalonne l’histoire, vous aurez un goût différent à leur lecture et cela ajoutera toute une palette de saveurs à la lecture. En tout cas, c’est ce qui s’est passé avec moi.


La saga Rougon-Macquart

#1 La Fortune des Rougon

#2 La Curée

#3 Le Ventre de Paris

#4 La Conquête de Plassans

#5 La Faute de l’abbé Mouret

#6 Son Excellence Eugène Rougon

#7 L’assommoir

#8 Une page d’amour

#9 Nana

#10 Pot-bouille

#11 Au bonheur des dames

#12 La joie de vivre

#13 Germinal

#14 L’oeuvre

#15 La terre

#16 Le Rêve

#17 La bête humaine

#18 L’Argent

#19 La Débâcle

#20 Le docteur Pascal


Livrepoche.fr, un livre, une poche…

12 Comments
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    • Je me doute que tout ne peut pas être du même niveau! Lesquels sont tes préférés Joyce? Ou ce que tu n’as pas aimé en plus de La Faute de l’abbé Mouret?

  3. Très jolie chronique ! et c’est vrai que ce tome est particulièrement réussi ; en particulier pour le mélange de thématiques que tu soulignes et ces descriptions !!!
    Je suis contente que tu accroches autant 🙂

  4. Comme moi t’y t accroche pour lire la saga. C est vrai que le premier tome peut paraître rebutent et on se dit « oula si tout le reste est comme ça » J avais aimé finalement le premier tome après l avoir abandonné puis repris. Mais certains passage ne m avait pas plu. J accroche bien a la curée pour le moment. A voir les autres. En tout cas ta chronique donne bien envie

    • La Fortune des Rougon ne ressemble pas aux 2 qui suivent, ni aux autres probablement car il balaye un temps beaucoup plus long, beaucoup plus de personnages. La Fortune des Rougon est une vraie introduction à la Saga!

    • C’est génial ça! Mypi a réussit à ressembler beaucoup de monde dans son challenge! J’ai un peu d’avance sur toi mais pas grand chose! Si tu mets un petit coup de turbo au début, on pourra faire des LC!

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