Son Excellence Eugène Rougon d’Émile Zola

Son Excellence Eugène Rougon (1876) d’Émile Zola, #6 de la Saga des Rougon-Macquart…

Le résumé de l’éditeur de poche, ici: En 1856, Eugène Rougon, un ancien avocat de province qui a contribué à faire l’Empire et que l’Empire a fait, se sentant proche de sa disgrâce, préfère prendre les devants et démissionner de la présidence du Conseil d’Etat. Mais ses amis ont besoin de lui, et sa chute les embarrasse. Ils s’inquiètent de le voir tromper son ennui par un projet de défrichement des Landes qui le conduirait à une sorte d’exil, et parmi tous ceux qui travaillent à son retour en grâce la plus active est la troublante Clorinde qu’il a refusé d’épouser.
Dans la grande fresque des Rougon-Macquart, Son Excellence Eugène Rougon, que Zola fait paraître en 1876, est le roman du pouvoir et des solidarités d’intérêts qui appellent l’intrigue dans le grand monde de Paris où s’ourdissent les manoeuvres qui font et défont les carrières. Une fiction écrite sur un ton de comédie, sans histoire nettement dessinée, et qui s’écarte de la manière traditionnelle de l’écrivain et du naturalisme : « Il n’y a pas un mot de trop, écrit Flaubert à George Sand. C’est solide, et sans aucune blague. »

Son Excellence Eugène Rougon n’est pas le roman le plus aimé de la série des Rougon-Macquart et pourtant, tout n’est pas à jeter car Émile Zola, s’il ne fait pas dans le séduisant romanesque ou le foisonnement descriptif, il s’applique à peindre un milieu politique et social à sa manière, en naturaliste, réaliste. Et c’est d’autant plus vrai qu’il emprunte au réel beaucoup de faits et d’anecdotes qu’il se réapproprie.

Alors oui, je n’ai pas été trop charmé par la forme fragmentaire de ce roman qui à une forme cyclique, un rythme redondant. Déchéance, reconstruction, gloire, déchéance, etc… Si ce n’est pas génial pour la lecture, ça met bien en avant ce qui se passe en politique.

Je n’ai pas trop aimé le personnage d’Eugène Rougon. Je l’ai trouvé un peu indolent par moment, pas aussi calculateur et manipulateur que ce à quoi je m’attendais. À ce jeu là, c’est Clorinde que j’ai beaucoup aimé par sa modernité. Et avec quel brio elle fait face à son double, Son Excellence Eugène Rougon. Elle n’use pas des même méthodes pour parvenir à ses fins mais on ne peut pas dire qu’elle manque de réussite. Quelle leçon! Est-ce que les temps ont changé sur ce point là. J’en doute.

J’adore comment Émile Zola a mis en avant l’ingratitude des nantis qui gravitent autour de Son Excellence Eugène Rougon, qui obtiennent des services de sa part puis viennent se plaindre après et lui font des reproches. La valse des amitiés évolue au gré des pouvoirs. J’ai donc bien aimé découvrir les mécanismes du pouvoir sous l’Empire et finalement, ce tome m’a plu.


La saga Rougon-Macquart

#1 La Fortune des Rougon

#2 La Curée

#3 Le Ventre de Paris

#4 La Conquête de Plassans

#5 La Faute de l’abbé Mouret

#6 Son Excellence Eugène Rougon

#7 L’assommoir

#8 Une page d’amour

#9 Nana

#10 Pot-bouille

#11 Au bonheur des dames

#12 La joie de vivre

#13 Germinal

#14 L’oeuvre

#15 La terre

#16 Le Rêve

#17 La bête humaine

#18 L’Argent

#19 La Débâcle

#20 Le docteur Pascal


Livrepoche.fr, un livre, une poche…

4 comments to “Son Excellence Eugène Rougon d’Émile Zola”
    • Chaque tome à une identité propre je trouve. La redondance est dans ce tome là. Mais ça colle avec l’histoire et en cela, c’est bien pensé.

    • Je saurais ça d’ici pas trop longtemps mais en fait, le moins aimé ne veux pas dire qu’il n’est pas bon. Zola a désormais toute ma confiance.

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