Un été indien d’Hugo Pratt et Milo Manara

Un été indien (1983 à 1985) d’Hugo Pratt (scénario) et Milo Manara (dessin), Prix Alfred du meilleur album étranger du festival d’Angoulême 1987…

Le résumé de l’éditeur : Une fresque historique et sensuelle dans l’Amérique des pionniers.
Massachusetts, début du XVIIe siècle. Alors que deux jeunes Indiens violent la fille du révérend Black, un colon les surprend et les abats. Cette exécution plonge la petite communauté dans le chaos, les uns voulant venger la mort de leurs guerriers, les autres l’honneur perdu de la belle Shevah. Le fragile équilibre qui régissait jusqu’alors les relations entre Indiens et colons est rompu et la violence se déchaine.

Dernièrement, je repensais à des bandes dessinées qui traine chez mes parents depuis mon adolescence. Il y a, entre autres, Le déclic et Le parfum de l’invisible. Je me suis souvenu avec émoi des mythiques femmes de Milo Manara, mes premiers et seul souvenir de BD’s érotiques. Quand j’ai vu la couverture d’Un été indien et les deux noms prestigieux des auteurs, je me suis demandé ce que la paire Milo Manara et Hugo Pratt donnerait. 

N’ayant jamais lu Corto Maltese (Hugo Pratt a-t-il écrit autre chose?) je ne connais pas l’univers de cet auteur culte. Quelque chose me dit qu’il aime l’aventure, celle des découvertes, celle des mondes incertains, celle du défrichage de sauvagerie. Et pourtant, sous des aspects épiques, Un été indien relèvent de l’intime, de la famille. Cercle restreint dans un contexte plus global et historique. Ça fonctionne bien.

Pour les dessins, le trait de Milo Manara a quelque chose de classique ou l’idée que je me fais du style classique. Le mot « vintage » me vient à l’esprit. Mais lorsqu’il s’agit de dessiner les femmes, on sent l’observateur attentif. Il a un talent indéniable pour dessiner leur suavité, leur lascivité, leur concupiscence. Cette vision est largement masculine, j’en conviens, et fortement fantasmé bien sûr mais ces femmes là ne sont pas devenues mythiques par hasard. Dans Un été indien, rassurez-vous, il y a du sexe mais il n’y a pas que ça. Cette BD a entrainé la lecture d’El Gaucho de la même paire Hugo Pratt et Milo Manara.


Livrepoche.fr, un livre, une poche…

4 comments to “Un été indien d’Hugo Pratt et Milo Manara”
  1. Je me souviens vaguement de cet « été indien » si ce n’est que la BD contenait bel et bien la manière qu’a Manara de dessiner la femme en 2D. Ses filles de papier: quelle constance dans la qualité graphique que le dessinateur y apporte. Mais ce tome m’avait paru bien sage au regard de ce que Manara avait fait ailleurs.

    • Bien sage, c’est certain. Je me demande s’il n’a pas fait ses associations avec d’autres auteurs plus mainstream (Pratt ici mais Jodorowski aussi) pour se racheter une crédibilité au delà de ses BD érotiques.

    • Je ne sais pas. Je ne connais pas suffisamment son œuvre. Manara a quand même un énorme talent qui pourrait être tous terrains; Jodorowsky est une sacrée pointure (surtout SF) en tant que scénariste (il a un nom réputé).

    • Je ne sais pas s’ils ont fait autre chose mais je pense à la série Borgia, de l’historique donc, assez loin de la SF des Méta-barons par exemple.

N'ayez pas peur de commenter