Le quartier de la lumière d’Inio Asano

Le quartier de la lumière (2004-2005) d’Inio Asano…

Le résumé de l’éditeur: « Le quartier de la lumière » nous conte en deux histoires, liées par un personnage commun, la vie des habitants d’un quartier de Tokyo.
La première histoire met en scène un jeune homme, Tasuku, « accompagnateur ». Autrement dit quelqu’un dont l’activité consiste à donner des conseils aux suicidaires; il les aide non pas à renoncer à leur projet mais bien à franchir le dernier pas. Son amie, Haruko, autrefois agressée, ne rêve que de vengeance.
Dans la seconde histoire, nous suivons deux hommes, Hôichi et Satoshi, vaguement liés à la mafia, et qui se retrouvent un beau jour avec un bébé sur les bras dont ils pourraient chacun être le père. Pour sortir de leur misère, ils prévoient de kidnapper un directeur de société, mais tout ne se déroulera pas comme prévu…
« Le quartier de la Lumière » se situe dans la lignée d' »Un monde formidable » du même Inio Asano qui continue à dresser un portait très noir de la société. Inio Asano excelle dans l’art de retranscrire les émotions de ses personnages, des individus à la limite du point de non retour. Un dessin très riche, des décors parfaits et des personnages touchants font la qualité des oeuvres d’Asano, dévoilant un Japon inédit, moderne avec tous ses défauts.

Une oeuvre de plus du talentueux Inio Asano. Le quartier de la lumière explore de nouveau les thématiques chères au Mangaka, l’Errance de la jeunesse, une absence d’idéal, les désillusions comme moteur.

Cette fois, le fil conducteur de l’histoire est un peu plus présent qu’habituellement et on peut écarter l’effet de chroniques, de tranches de vies sans lien entre elles. Ici, il y a une trame à suivre. Elle n’est pas bien claire cette histoire et il est incontestable que ce domaine est un axe à progresser pour Inio Asano. L’histoire et sa compréhension devrait être un axe de progression pour l’auteur, il gagnerait en lisibilité. Dans Le quartier de la lumière, il n’est pas évident de comprendre ce qu’on lit, les motivations des personnages, vers quoi l’intrigue nous emmène.

Ce manga est une histoire peu joyeuse et le ton est systématiquement en retrait, sans appuie. Souvent comme la vie. Cela permet de voir cette forme de poésie désenchantée. Une signature pour Inio Asano.

Pour les dessins, c’est du grand art. Je suis totalement fan du dessinateur et je trouve qu’il n’a pas beaucoup d’égaux chez ses pairs. Les arrières-plans sont superbement précis ce qui nous plonge dans ce Japon vrai, tout en ombres et lumières.




Livrepoche.fr Un livre dans une poche. CQFD

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