RUE DES BOUTIQUES OBSCURES DE PATRICK MODIANO

Rue des Boutiques Obscures de Patrick Modiano par Livrepoche.Fr

Comme beaucoup de lecteur, Patrick Modiano est entré dans mon univers littéraire (sous forme de curiosité sans excitation) avec l’obtention du Prix Nobel de Littérature 2014. C’est pas rien. Avec une telle distinction, le lecteur curieux que je suis se devait de se pencher sur quelques uns de ses romans et connaître un peu mieux l’écrivain français que l’Académie des Nobels mettait en lumière mondiale.

Le résumé de l’éditeur de poche, iciQui pousse un certain Guy Roland, employé d’une agence de police privée que dirige un baron balte, à partir à la recherche d’un inconnu, disparu depuis longtemps ? Le besoin de se retrouver lui-même après des années d’amnésie ?
Au cours de sa recherche, il recueille des bribes de la vie de cet homme qui était peut-être lui et à qui, de toute façon, il finit par s’identifier. Comme dans un dernier tour de manège, passent les témoins de la jeunesse de ce Pedro Mc Evoy, les seuls qui pourraient le reconnaître : Hélène Coudreuse, Fredy Howard de Luz, Gay Orlow, Dédé Wildmer, Scouffi, Rubirosa, Sonachitzé, d’autres encore, aux noms et aux passeports compliqués, qui font que ce livre pourrait être l’intrusion des âmes errantes dans le roman policier.

Après une première tentative avec L’herbe des nuits (Patrick Modiano 2012), une lecture peu mémorable, plutôt insipide, je tente direct le Prix Goncourt 1978 du Prix Nobel de Littérature 2014. J’ai pas peur ! Je suis un fou ! Et avec un tel pedigree, je commence à espérer un peu plus que ma précédente lecture de l’auteur. Ce que j’attends, c’est au moins de trouver une oeuvre révélatrice d’un style, d’un univers, d’un ton, d’une intention  ou quoi que ce soit d’identifiable, de remarquable, de nobélisable.

Et sans entrer dans une lecture analytique (ce que je ne sais pas faire), il existe d’évidentes similitudes entre L’herbe des nuits (2012) et Rue des Boutiques Obscures (1978). Et ces points communs sont si présent que je mentirais en disant que j’ai été surpris par ce roman. Et c’est même plutôt l’inverse. Une certaine déception lorsque j’ai terminé ce Goncourt.

De la même manière que L’herbe des nuits, Rue des Boutiques Obscures est un roman double (le temps passé / le temps présent), un héros narrateur effacé (sans caractère) sans substance qui arpente les rues de Paris et se souvient. Un temps présent inutile et un temps passé qui n’est qu’un effleurement nostalgique d’une mémoire collective (mais restreinte).

Il y a une enquête mais pas de polar, un poil de suspense mais pas d’intérêt. Je me suis senti comme un lecteur qui lisait un livre qui ne lui était pas destiné. Pas le bon âge, pas la bonne région, pas le bon quartier, pas les même références. Et ces 2 romans, pourtant sortit avec 40 ans de différence, sont tellement proches sur le fond comme sur la forme que je crains désormais d’ouvrir un nouveau Patrick Modiano et de tomber encore sur les pérégrinations noctambules d’un héros évanescent ressassant le passé.

Je savais le Goncourt sujet à controverse quand à la probité des membres du jury et des conflits d’intérêts avec les maison d’édition et j’espère plus d’objectivité avec l’Académie des Nobels même si l’argent à le don de tout pourrir lorsqu’il s’agit d’honnêteté.

Livrepoche.fr, un livre, une poche…

5 Comments
  1. Merci, au moins avec ta chronique tu me dissuades de l’acheter. J’ai eu le même ressenti que toi pour L’herbe des nuits qui était également mon premier livre de l’auteur et qui ne m’a pas donné vraiment envie de le découvrir davantage. Je me suis dit que je lirai peut-être Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier, mais j’hésite beaucoup.

    • En lisant certaines superbes critiques sur ce livre et sur l’auteur, je m’étais dit être passé à côté de quelques choses. Merci de me dire qu’il en était de même pour toi !
      Je n’arrive pas à comprendre pourquoi le Goncourt ET le Nobel ! Ça fait un sacré palmarès !
      On doit être une minorité à avoir ressenti cela !

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