Par les routes de Sylvain Prudhomme

Par les routes (2019) de Sylvain Prudhomme, Prix Landerneau des Lecteurs 2019…

Le résumé de l’éditeur: «J’ai retrouvé l’autostoppeur dans une petite ville du sud-est de la France, après des années sans penser à lui. Je l’ai retrouvé amoureux, installé, devenu père. Je me suis rappelé tout ce qui m’avait décidé, autrefois, à lui demander de sortir de ma vie. J’ai frappé à sa porte. J’ai rencontré Marie.»

Voila typiquement le genre de roman qui pose plus de questions qu’il ne donne de réponses. Sylvain Prudhomme aborde une thématique ambitieuse et universelle à savoir, comment remplir sa vie? C’est donc de vide qu’il s’agit. D’absences. Par les routes reste ambiguë sur les réponses et sur le développement de celle-ci.

Découvert avec Les grands, Sylvain Prudhomme suscite doublement mon attention. D’abord afin de savoir ce qu’il donne avec une autre histoire mais surtout car il est devenu arlésien d’adoption, ma ville natale et également la ville théâtre de l’action de Par les routes. De plus, Sylvain Prudhomme est l’auteur coqueluche du club de lecture auquel je participe depuis peu, il va pas être facile d’être critique.

C’est d’abord stylistiquement que Sylvain Prudhomme se démarque sans que cela soit bien définissable. Il y a une forme de douceur à sa narration, la douceur du temps qui passe, la douceur du quotidien. Des petites choses normales misent bout à bout. Des moments de vie sans effet de manche. Par les routes se dévorent. Mais il peut être aussi ennuyeux pour certains lecteurs.

Et il y a le sujet. Avec quoi remplit-on sa vie? Par les routes et les rencontres pour certains. Par le quotidien pour d’autres. N’est-ce que le constat de la crise de la quarantaine? L’insatisfaction de ce que l’on a et mettant en illustration le proverbe ; l’herbe est toujours plus verte ailleurs? Un peu simpliste non? Pourtant, cela pourrait être la réponse.

Peut-on prendre le postulat que c’est juste une ode à la vie de routard que se trouve la réponse. Pas évident non plus pourtant Sylvain Prudhomme en fait un portrait engageant, épanouissant et naïf. Pour ajouter du trouble sur ses intentions, l’auteur fait appel, en les citant, d’autres oeuvres qui peuvent donner du sens, un autre sens à cette histoire. Il y a également le roman dans le roman qui est toujours une mise en abîme dont l’utilité narrative n’est pas évidente. Je vous l’ai dit, Par les routes pose plus de questions qu’il ne donne de réponses.

Quoi, je ne l’ai pas dit? Le personnage principal, le narrateur à la première personne à la quarantaine, est écrivain, vient s’installer à V. (Arles). Je ne connais pas assez Sylvain Prudhomme pour me prononcer sur les autres ressemblances avec l’auteur mais on peut légitimement se poser la question sur la part autobiographique du roman.

Pour conclure, je peux dire que j’ai aimé lire ce roman mais je n’aime pas l’impression qu’il me laisse de ne pas avoir compris ce que l’auteur voulait transmettre. J’ai une autre question qui me vient ; pourquoi toutes le villes, si elles existent, sont citées sauf celle principale où se déroulent l’action?


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