LES GRANDS DE SYLVAIN PRUDHOMME

Les grands de Sylvain Prudhomme par Livrepoche.fr

Les grands de Sylvain Prudhomme…

Le résumé de l’éditeur de poche, Folio«Ça leur était tombé dessus. Ils avaient eu ça. La vie leur avait donné cette chose dont tous les musiciens rêvent. Que pouvait bien leur foutre tout le reste.»

Guinée-Bissau, 2012. Guitariste du Mama Djombo, un groupe fameux de la fin des années 1970, Couto vit d’expédients. Alors qu’un coup d’État se prépare, il apprend la mort de Dulce, la chanteuse. Le soir tombe sur la capitale, les rues bruissent, Couto déambule. Dans ses pensées trente ans défilent, souvenirs d’une femme aimée, de la guérilla contre les Portugais, mais aussi des années fastes d’un groupe qui joua une musique neuve, portée par l’élan et la fierté d’un pays. Au cœur de la ville où l’on continue de s’affairer, indifférent aux premiers coups de feu qui éclatent, Couto et d’autres anciens du groupe ont rendez-vous : c’est soir de concert au Chiringuitó.

Étrange postulat de départ pour ce roman de Sylvain Prudhomme qui, sur les bases historiques existantes construit un vraie oeuvre de fiction en tordant, modelant la réalité de choses.

Les grands, c’est la petite histoire personnelle d’un guitariste enchâssée dans l’histoire du groupe guinéen mythique Super Mama Djombo intimement lié à la grande Histoire de Guinée-Bissau.

Et pour tout faire exister dans ce roman de 250 pages, Sylvain Prudhomme a réalisé un travail d’orfèvre. Car si on ajoute un univers musical ultra riche et amoureusement dépeint, on se retrouve avec une oeuvre foisonnante mais jamais alourdit par le poids de tous ces éléments.

La structure de Les grands, hautement romanesque, sur la base d’une « journée évènement » permet de retracer les pérégrinations du personnage principal à l’aulne de ses souvenirs et de son vécu, dans son pays, dans son groupe, dans ses voyages, dans l’Histoire, dans ses romances, dans ses frustrations, dans la Guinée-Bissau, etc…

Sylvain Prudhomme, par petites touches, apporte ce qu’il faut d’éléments de fictions, d’historique, de philosophique pour retracer les 40 ans dernières années de ce guitariste, les 40 dernières années de Super Mama Djombo, le groupe pythique et les 40 dernières années de l’Histoire de la Guinée. Et tout cela dans un style fluide et musical, nonchalant (à l’africaine)!

Ce qui m’a manqué c’est de ne pas sentir plus l’Afrique. Même si je me rends compte que le thème ne s’y prête pas forcement. La musique étant un univers facilement internationalisé et favorisé, l’Afrique n’était qu’une sorte de voile au dessus des personnages, indistinct, en filigranes des personnages.

Beau roman, bien construit, j’ai bien aimé côtoyer le groupe et je regrette de ne pas avoir eu la curiosité d’aller écouter sur internet la musique de Super Mama Djombo et la mettre en fond sonore de cette lecture. Ce que ‘j’ai fait pour l’écriture de cette chronique, à l’écoute de la voix de Dulce, l’autre personnage central de Les grands!


Livrepoche.fr, un livre, une poche…

2 Comments
  1. Je découvre avec ton article ce groupe qui m’était jusque-là totalement inconnu. Du coup, je l’écoute là, j’aime bien celle-ci « Sol Maior Para Comanda ». Je vais poursuivre l’écoute 🙂
    Quant au roman, on verra bien…

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