MONSIEUR PROKHARTCHINE DE DOSTOÏEVSKI

Monsieur Prokhartchine de Dostoïevski par Livrepoche.fr

Monsieur Prokhartchine de Dostoïevski…

Le résumé de l’éditeur de poche, iciPressé par ses amis de décrire ses impressions de voyage lors de sa première visite à l’étranger, en 1862, Dostoïevski répond par une fiction : entre observations, invocations, jugements, invectives, esquisses, croquis ou commentaires, l’écrivain élabore une typologie plus mentale que réelle de l’Occident, dont il ressort essentiellement que sa beauté et son élégance sont les cache-misère de la prostitution enfantine et d’une pauvreté endémique.
Dans ces scènes — qu’elles soient situées à Paris, à Londres, ou dans un compartiment de chemin de fer —, on retrouve toute la verve féroce de l’auteur desCarnets du sous-sol.

Monsieur Prokhartchine, c’est un très court récit de Dostoïevski dans lequel il dépeint, une fois de plus, avec une sorte de virtuosité qui lui est propre, ce que je considère comme la folie russe. Cette folie qui sonne chez l’occidental que je suis comme totalement irrationnelle (car il peut y avoir des folies rationnelles, oui oui) et qui deviennent sous la plume de Dostoïevski totalement réelle. Réelle mais russe.

Si j’aime Dostoïevski, c’est qu’il n’a pas son équivalent pour nous plonger dans la tête d’un individu. Il est seul capable de transmettre une fièvre par la lecture. Dans Monsieur Prokhartchine, cependant, même si le personnage principal fait montre de quelques bizarreries, ainsi que la galerie de personnages de la pension dans laquelle il habite, nous ne sommes pas (pas uniquement) dans sa tête. La forme de ce récit a une forme plus narrative.

Et on ne saura pas pourquoi le personnage principal a fait ce qu’il a fait!

Malgré cela, le style de Dostoïevski est bien là. Les phrases à rallonge sorties sans filtre de sa pensée et jetées sur les pages débordent de naturel. Elles sont ultra réalistes. Et ça, j’aime! Monsieur Prokhartchine n’est pas son oeuvre qui me marquera le plus parmi ses petits romans. Il est loin de La douce ou Un coeur faible qui sont de vraies perles de littérature.

Ce récit est une pierre de plus que Dostoïevski ajoute au mur de sa comédie humaine des petites gens russes.

Livrepoche.fr, un livre, une poche…

7 Comments
  1. Sont-ce là en photo tous tes Dostoïevski?
    Il me plairait de me confronter à cette « verve féroce de l’auteur » dont tu parles!

    (ah et, au passage, je suis bien contente d’avoir découvert ton blog!)

    • Merci C’era. En photo, il y a une partie des Dostoïevski que je possède, je n’ai pas fait le bilan de ce qui me manque. Et tu peux te lancer dans un de ses romans, tu verras, c’est intense.

    • Ce genre d’auteur peut être impressionnant de prime abord (le côté classique et le côté russe aussi). Ce qui est bien c’est qu’il a écrit pas mal de longues nouvelles, courts romans (La douce, Un coeur faible que j’adore) qui permettent de se lancer sans s’attaquer directement aux oeuvres cultes comme Crime et châtiment ou Les frêres Karamazov.

    • Comme je l’ai dit en réponse au commentaire précédent, La douce, Un coeur faible m’ont beaucoup marqué. Ce sont de petits romans mais d’une intensité incroyable et où le style de Dostoïevski est présent, palpable.

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