MASCARADE DE GABRIEL CHEVALLIER

Mascarade (1948) de Gabriel Chevallier…

Le résumé de l’éditeur de poche, ici: 1948. Dix-huit ans après La Peur, quatorze après Clochemerle, Gabriel Chevallier publie un recueil de cinq longues nouvelles, Mascarade. Cinq portraits-charge hauts en couleur, drôles et cruels: le colonel Crapouillot, un dur des durs de 14-18, qui « veut des morts » pour faire sérieux; tante Zoé, vieille fille bigote et pétomane ; Mourier, un as de l’homicide domestique; Dubois, un as lui aussi mais du marché noir et « le vieux », qui gratte son jardin pour déterrer son or. Cinq récits qui commencent dans la banalité avant de basculer dans le sordide et la tragédie.

Une langue étonnante et roborative, crue et truculente, une joie dévastatrice héritière des plus grands pamphlétaires.

Jean-François Nivet, Les Lettres françaises.

Une mascarade car tout est tromperie, pirouette et faux-semblant, trahison et mensonge.

Vincent Wackenheim, La Revue littéraire.

Après La peur, je me replonge avec plaisir dans ce recueil de cinq longues nouvelles de Gabriel Chevallier, Mascarade. Et dès la première nouvelle, l’auteur nous replonge dans l’univers de la Première Guerre Mondiale et ce, avec le même ton subtil ou l’horreur côtoie l’absurde, le décalé, le léger. Le mélange est surprenant, déroutant.

Pourtant, c’est ce qui doit se rapprocher le plus de la réalité. Je suis persuadé que sur une période très longue, des hommes, poussés à bout par des conditions extrêmes, trouve la ressource de plaisanter, dédramatiser, relativiser. C’est ce que restitue parfaitement Gabriel Chevallier. Il ne faut pas se fier aux couvertures « refroidissantes » des éditions de poche car il y a vraiment une sorte de jubilation dans les lignes de cet auteur.

On retrouve ce style dans les autres nouvelles de Mascarade. Ironique et comique parfois, j’ai beaucoup aimé l’univers de Gabriel Chevallier. Et c’est surtout cette légèreté fleurant avec le drame qui donne à la lecture ce ton unique.

Je recommande chaleureusement cet auteur. Je suis persuadé que chaque nouvelle de Mascarade vous apportera son lot de surprises et dessinera un léger sourire en coin que les situations que Gabriel Chevallier décrit.


Livrepoche.fr, un livre, une poche…

4 Comments
  1. Wahouu !! Ne te vexe pas mais c’est vraiment pas pour moi !
    Enfin ton avis m’aura fait (re)découvrir cet auteur.
    Je ne savais pas que c’est lui qui avait écrit « La Peur ». J’avais vu l’adaptation cinématographique quand j’étais petite et ça m’avais traumatisé !

    • Ne t’inquiètes pas, je ne me vexe pas facilement! Je n’ai pas vu l’adaptation mais je ne sais pas comment ils ont pu rendre ce style léger en montrant des images de guerre! C’est beaucoup plus digeste en littérature…

  2. Personnellement je suis tentée.
    Je suis dans un petit recueil de nouvelles en ce moment et je me dis que finalement j’aime bien ça alors que je n’y vais pas facilement ^^
    Bref Chevallier est noté.

    L’être humain a de la ressource oui et même face au pire, l’humour nous sauve 🙂

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