LA PEUR DE GABRIEL CHEVALLIER

La peur de Gabriel Chevallier par Livrepoche.fr

La peur de Gabriel Chevallier…

Offert par mon beau-père car il en avait un souvenir marquant, La peur, ne fut pas une lecture facile. Ce n’est pas le genre de livre vers lequel je me tourne avec gourmandise. Sorti en 1930, ce roman sur la première guerre mondiale est un texte finalement tout en finesse pour décrire l’horreur la plus brute, la plus radicale, la plus vaine.

Le résumé de l’éditeur de poche, ici :

Gabriel Chevallier, que l’on reconnaît sous les traits de Jean Dartemont, raconte la guerre de 1914-1918 telle qu’il l’a vécue et subie, alors qu’il n’avait que vingt ans. Le quotidien des soldats – les attaques ennemies, les obus, les tranchées, la vermine – et la Peur, terrible, insidieuse, « la peur qui décompose mieux que la mort ». Parue en 1930, censurée neuf ans plus tard, cette oeuvre, considérée aujourd’hui comme un classique, brosse le portrait d’un héros meurtri, inoubliable.

Voilà plus de trente ans qu’une exceptionnelle estime m’attache secrètement à ce livre.

Roger Martin du Gard, 21 janvier 1956

La Peur de Gabriel Chevallier est un très beau, très vrai livre de guerre. Sa sincérité est totale, effrayante et parfois cynique.

Pierre Scize, Le Canard enchaîné

Un témoignage peut-être encore plus terrifiant que Le Feu d’Henri Barbusse et Les Croix de bois de Roland Dorgelès.

Bernard Pivot, Le Journal du dimanche

Gabriel Chevallier, le personnage principal de La peur (sous les traits de Jean Dartemont), raconte la guerre, celle qu’il a vécu, et pose son regard déjà lucide sur les évènements qu’il était en train de vivre. Et il raconte ce qu’on évite de dire lorsqu’on se sort de là, que la peur est omniprésente, qu’il n’y a pas de héros sans peur et qu’il n’est pas impossible d’être un lâche ET un héros.

Et ce qui s’annonçait comme une plongée dans l’horreur de la guerre, finalement, a été un peu mis en perspective à la fois par le style d’écriture de Gabriel Chevallier et aussi par le regard analytique qu’il a posé sur les évènements. Et cette distance amoindri le sentiment d’appartenance à ceux qui ont été mobilisé. Sa vision était déjà celle de l’écrivain, accentué par les années mis à l’écrire, une vision critique, « détaché » du moment présent. Mais c’est peut-être ainsi que l’on peut survivre pendant de telles horreurs, en mettant de la distance avec ce qu’il est en train de se passer et soi ?

La peur, c’est le roman de la guerre, celle des soldats, ceux qui ne comptent pas, ceux qui sont pétrit de peur au fond des tranchées. C’est un vrai témoignage sur le pourrissement de la jeunesse, sur le gâchis, sur l’attente, l’attente puis les attaques comme des condamnations à mort, sous un déluge de fers et de feux qui retourne la terre et broie les hommes.

Le début de cette guerre a plus de 100 ans et malgré tout proche de nous. Il n’est pas inutile de replonger dans de tels récits, pour se remémorer ce qu’est l’horreur d’un conflit chez soi.

Livrepoche.fr, un livre, une poche…

2 Comments
  1. Ca a l’air malgré tout assez « lourd » comme lecture (dans le sens pas très digeste, pas dans le sens bourrin, hein).
    Je ne sais pas si je me tournerais vers ce type de lecture en ce moment, même si ça peut être super intéressant…

    • Je ne l’ai pas senti lourde cette lecture! Il n’y a pas de grandes descriptions de batailles ou autres. C’est vraiment le point de vue du soldat, ses attentes interminables, ses peurs et la folie de la guerre.
      De plus il est pas très long comme roman.
      Il faut vraiment pas avoir peur du thème !

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