J’ÉTAIS DERRIÈRE TOI DE NICOLAS FARGUES

J'étais derrière toi de Nicolas Fargues par Livrepoche.fr

Nicolas Fargues fait partit de ces romanciers français qui s’exprime à la première personne en mettant en scène l’hypothétique de leur quotidien, qui, sous le prisme de l’oeuvre de fiction, expose une part réelle ou fictive leur intimité, parlent d’eux-mêmes, souvent les même profils types de vie bourgeoise et de leur vicissitude avec le sexe opposé.

Le résumé de l’éditeur de poche, ici« C’est dans la trentaine que la vie m’a sauté à la figure. J’ai alors cessé de me prendre pour le roi du monde et je suis devenu un adulte comme les autres, qui fait ce qu’il peut avec ce qu’il est. J’ai attendu la trentaine pour ne plus avoir à me demander à quoi cela pouvait bien ressembler, la souffrance et le souci, la trentaine pour me mettre, comme tout le monde, à la recherche du bonheur. Qu’est-ce qui s’est passé? Je n’ai pas connu de guerre, ni la perte d’un proche, ni de maladie grave, rien. Rien qu’une banale histoire de séparation et de rencontre. » 
Sur le ton de la conversation, Nicolas Fargues parle d’amour, de jalousie, d’humiliation, de désir, et de l’enfer. Un magnifique roman d’amour, drôle et émouvant.

Cette facilité d’écriture (souvent décriée par la critique) ne nécessite pas une grande qualité de projection, ni une imagination débordante. Et il est vrai que ce genre de minimalisme littéraire révèle une sorte de narcissisme pour souhaiter élever sa vie au rang de l’art. Loin de moi l’idée de faire le procès de Nicolas Fargues pour lequel je n’ai aucun grief et même une sorte de sympathie depuis le premier roman que j’ai lu de lui, le très médiatique One man show.

Et dans la continuité de cette veine littéraire, J’étais derrière toi est le récit d’un évènement marquant de la vie de Nicolas Fargues (fictif ou non), c’est à dire sa séparation avec sa femme ET sa rencontre avec l’amour parfait.

Nicolas Fargues nous prend à témoin, locuteur quasi direct, et avec un précision extrême, il décrypte la relation avec sa femme, les non-dits, les non-avoués, les états d’âme, les faiblesses, les manquements, les lachetés, etc…

J’étais derrière toi de Nicolas Fargues, c’est un roman écrit en une respiration, un cri de délivrance, libératoire. Il nous laisse l’impression qu’il n’y a pas de ponctuation. L’auteur nous entraine dans une sorte d’urgence à tout déballer pour pouvoir clore le sujet, et passer à autre chose, cet autre chose en parallèle de sa séparation, c’est cette rencontre en Italie de l’amour parfait. La séparation entraine la rencontre ou l’inverse. L’enfer de la relation castratrice avec sa femme et le paradis de la relation extra conjuguale moralement interdite.

On ne pourra pas lui reprocher une sorte de générosité dans le récit, probablement de grands écarts avec la réalité et encore plus probablement pas ceux que l’on croit. C’est peut-être en cela que le journal intime devient roman. La part de vrai et de faux n’importe pas finalement. Ce qui compte, c’est la part de cette histoire qu’il y a en chacun de nous, ce que l’on s’accorde, les mensonges que l’on s’autorise et notre degré de sincérité avec la réalité.

J’avoue que je ne lis dans ce genre là que les romanciers les plus médiatiques tel que Frédéric Beigbeder et Nicolas Rey en tête. Chacun manquant un peu de personnalité littéraire selon moi, de la personnalité percutante que l’on retrouve chez Bukowsky par exemple. Je garde un très bon souvenir de 99 francs tout de même.

Livrepoche.fr, un livre, une poche…

N'ayez pas peur de commenter