LE ROMAN DE L’ÉTÉ DE NICOLAS FARGUES

Le roman de l'été de Nicolas Fargues par Livrepoche.fr

Il y a quelques années, j’avais lu les premiers romans de Nicolas Fargues (One Man Show en tête) au moment d’un certain engouement médiatique et j’en avais un souvenir assez positif, sympathique. L’impression de suivre la vie de quelqu’un d’intéressant, avec un point de vue pertinent sur ce qui l’entoure, un regard détaché, critique. En ce sens, je me sentais proche de lui. Puis, j’ai repris il y a peu la lecture d’un Nicolas Fargues, J’étais derrière toi et maintenant, Le roman de l’été.

Le résumé de l’éditeur de poche, ici«Pas facile, à 55 ans, de se mettre à la littérature. Surtout par un si beau soleil dehors. Et votre fille qui annonce qu’elle amène une copine italienne pour les vacances. Sans compter les voisins d’en face qui, dès que vous vous décidez enfin à prendre la plume face à l’océan, voudraient vous faire comprendre que, tout ce qu’ils demandent, c’est une vue sur la mer eux aussi.» 
Nicolas Fargues. 

Nicolas Fargues entrecroise avec brio intrigues sentimentales, familiales et politiques pour nous offrir le tableau décapant et farceur d’une époque : la nôtre.

Dans Le roman de l’été, Nicolas Fargues met en exergue, en abîme, sa situation projetée sur un personnage qui pourrait être la représentation de ce qu’il est au fond. Il délaisse la narration à la première personne mais parle une nouvelle fois de lui-même, de ses états-d’âme d’écrivain. Mais il le fait avec un certain talent, un regard autocritique et second degrés. Et de fait, Nicolas Fargues est un écrivain qui sait se faire aimer à travers ses textes qui pourtant peuvent ne pas plaire.

Outre le personnage central, sa projection, le gars ambitionnant de devenir écrivain et misanthrope par dessus le marché, Nicolas Fargues tisse une toile de personnages malheureusement peu consistant, assez indéfini, sans réel intérêt. Même si, il y a une évidente facilité à entrer dans la prose de Nicolas Fargues, l’ambition du roman reste trop fadasse à mon goût, comme on dit chez moi.

Nicolas Fargues semble considérer un roman comme un journal, une bribe de vie, une anecdote, une chronique. Ainsi, il dilue l’unité, l’individualité de chaque roman pour en réduire l’éventuelle grandeur. Littérature populaire ? Au moins, Le roman de l’été porte bien son nom et ne devrait pas être lu à une autre période.

Livrepoche.fr, un livre, une poche…

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