FACTOTUM DE CHARLES BUKOWSKI

Factotum de Charles Bukowski par Livrepoche.fr

Factotum (1975) de Charles Bukowski…

Le résumé de l’éditeur de poche, iciUne bière, une putain. Bukowski, sans le savoir, bâtit sa légende. Cette litanie de boulots minables, de chambres sordides, d’étreintes glauques, de saouleries mornes, de bagarres d’ivrognes, de vexations, de rigolades sera la matière inépuisable d’une œuvre qui, avec sa vitalité consolante, sa folle énergie, ira jusqu’à brancher Hollywood.

Deuxième roman de Charles BukowskiFactotum relate les vicissitudes du double fictionnel de l’auteur, Henry Chinaski, le « monstre » que l’auteur a créé et dont il se sert pour se jouer de nous, le lecteur. Avec ce personnage qui est Bukowski sans être lui, l’auteur nous ballade dans son univers percutant, brut, ironique.

Et son univers, à tous égards, c’est celui de la liberté individuelle, une liberté qu’il crache à la gueule d’une société bienpensante, aseptisé. Il devient le chantre de tous les vices comme la paresse, la luxure, l’envie, l’alcoolisme, etc…

Dans son style toujours frontal et sans fioritures, Charles Bukowski montre le chemin d’un être qui se fout de tout, sinon de sa liberté, de l’alcool et des femmes! Mais l’auteur laisse échapper quelques éléments plus subtiles montrant que tout ce qu’il nous raconte n’est pas si manichéen, si évident et il nous amène à réfléchir à nos jugements moraux, nos aprioris. Il laisse toujours le lecteur dans le doute de ce qui relève de la part autobiographique et ce qui relève de la part de la fiction.

Et c’est là que réside l’intérêt de Factotum, démêler le Bukowski du Chinaski ou bien se laisser entrainer avec lui dans une Amérique moins brillante, moins clinquante mais nettement plus franche.

J’ai été surpris de voir des parallèles entre Factotum et Martin Eden de Jack London dont presque 70 ans sépare les 2 éditions. Il y a ce parallèle sur l’écriture, la fonction d’écrivain, le sacerdoce comme obligation viscérale avec le même flou sur la notion autobiographique.

Est-ce le signe des grands auteurs? Peu importe. Mais plus je lis Charles Bukowski plus je me dis que, si son style semble être « facile », la subtilité dont il fait preuve dans son oeuvre le rend inclassable!


Livrepoche.fr, un livre, une poche…

2 Comments
  1. Pivot parle de lui dans son Essai, il a été marqué par l’homme et l’auteur. Sans doute un qu’il faudrait que je lise un jour… M’est avis qu’il me saura me faire réagir, reste à savoir de quelle manière ^^

    • Il me semble qu’il y a une séquence mythique ou Bukowski est complètement bourré sur le plateau d’Apostrophe et fait n’importe quoi! Ça a du marquer Bernard Pivot!

N'ayez pas peur de commenter