LES DÉSENCHANTÉES DE PIERRE LOTI

Les Désenchantées (1906) de Pierre Loti…

Le résumé de l’éditeur de poche, iciImmense succès à sa parution en 1906, ce dernier roman de Pierre Loti raconte les rencontres clandestines d’un romancier français avec trois jeunes Ottomanes révoltées par la vie cloîtrée qui leur est imposée. Écrit dans une langue fluide et élégante, ce brillant exercice d’autofiction, qui avait ravi les Orientalistes par son histoire d’amour exotique et ses magnifiques descriptions de Constantinople, est avant tout un roman politique d’une grande modernité narrative, qui plaide pour l’émancipation de la femme musulmane.

Voila un roman/récit pour le moins intrigant à beaucoup de points de vue. Les Désenchantées de Pierre Loti interroge d’abord sur les parallèles entre la biographique et le romanesque. Peut-on parler d’écrivain aventurier comme Ernest Hemingway ou Jack Kerouac? Je ne pense pas car Pierre Loti semble être tout d’abord un militaire de carrière qui s’est servi de ses nombreux voyages et expatriation pour écrire. Drôlement bien écrire.

La qualité littéraire de Les Désenchantées est indéniable. Pierre Loti nous fait voyager dans la Constantinople (Istanbul), sa Constantinople en pleine mutation, une ville qu’il a beaucoup aimé pour avoir aimer l’une de ses habitantes. Il raconte les harems, assez loin de l’image que ce nom suggère.

Entre le descriptif et l’incarné, Pierre Loti dresse le portrait des harems turcs contemporains (sous titre). Il contourne la difficulté de restituer la voix de ses femmes (forcement rare) avec l’insertion de lettres reçues. Bien équilibré, Les Désenchantées est d’une nostalgie touchantes et se lit tranquillement, comme une navigation sur le Bosphore.

C’est une belle histoire, une histoire qui pourtant est issue d’une mystification. Tout est partie d’une journaliste qui avait le désir de faire écrire à Pierre Loti, une suite à Aziyadé, le récit de sa grande histoire d’amour. Cette supercherie qui n’avait pas de mauvaises intentions a été dévoilé dans le Figaro du 10 juin 1933.

On peut donc interroger le réel dans les lignes de Les Désenchantées mais cela n’enlève en rien la portée de l’histoire et sa véracité symbolique, testimoniale.


Livrepoche.fr, un livre, une poche…

3 Comments
    • Oui, il fait partie de ces auteurs qui se raconte mais qui ont une vie si « romanesque » que leur récit est très intéressant! Encore plus avec ce titre là!

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