La tête d’un homme de Simenon

La tête d’un homme (Maigret #5) (1931) de Simenon…

Le résumé de l’éditeur de poche, ici: Quand une cloche, quelque part, sonna deux coups, le prisonnier était assis sur son lit et deux grandes mains noueuses étreignaient ses genoux repliés.
L’espace d’une minute peut-être il resta immobile, comme en suspens, puis soudain, avec un soupir, il étendit ses membres, se dressa dans la cellule, énorme, dégingandé, la tête trop grosse, les bras trop longs, la poitrine creuse.
Son visage n’exprimait rien, sinon l’hébétude, ou encore une indifférence inhumaine. Et pourtant, avant de se diriger vers la porte au judas fermé, il tendit le poing dans la direction d’un des murs.

Voila la lecture d’une nouvelle enquête du Commissaire Maigret, La tête d’un homme. Personnellement ma 2e. Formellement, la 5e. Est-ce que j’aime? Ou non? Simenon parvient-il à donner à une si longue série un intérêt à chaque nouvel épisode? 

Ce n’est que mon deuxième Maigret mais il me semble que cette enquête là commence de façon tout à fait originale. On laisse de côté une forme de réalisme pour servir l’histoire et crée cette effet de suspens, même si l’évènement introductif est totalement invraisemblable. La tête d’un homme nous laisse dans un état d’incertitude, au même niveau que le Commissaire dont l’instinct a mis son emploi, sa carrière en porte-à-faux. Il doit comprendre ce qu’il s’est passé pour sauver La tête d’un homme.

Et c’est à ce moment que l’histoire prend un tour de déjà vu. Car le Commissaire Maigret a une méthode bien à lui pour résoudre une enquête. Sa présence dans les lieux opportuns, en monolithe placide, silencieux. Imperturbable. Il résout tout. Peut-être est-ce un peu trop facile?

Mais la richesse de Simenon va au-delà du simple « policier », c’est le témoignage de son époque, des différentes sociétés qu’il côtoie, à travers ses personnages qu’il apporte toute sa richesse, sa profondeur et son talent.

Du coup, pour répondre, Simenon a plus de liberté avec ses romans durs et ce n’est pas avec La tête d’un homme que mes préférences vont changer. À suivre…


Commissaire Maigret

01 Pietr-Le-Letton

05 La tête d’un homme

49 Maigret et le corps sans tête

52 Maigret s’amuse

64 Maigret et le fantôme

67 Maigret et l’affaire Nahour

76 Maigret et l’indicateur


Livrepoche.fr, un livre, une poche…

6 comments to “La tête d’un homme de Simenon”
  1. J’aimais bien ces Maigret en Livre de Poche Policier (avec la pipe inclus dans le petit logo), ce « Simenon » rond, comme un néon allumé, ces photos associées toujours pertinentes. J’en possède quelques uns…précieusement

    • J’avais pas vu la pipe. En revanche, je ne suis pas fan du tout de ce genre de couverture. Encore plus celle-là, avec ce rose violine assez horrible. Mais bon, chacun ses goût comme dit le proverbe.

  2. Simenon est naturellement cadenassé par son personnage de commissaire, de par sa fonction d’enquêteur et des règles qu’il s’impose, de par sa personnalité propre, de part ses méthodes. Les « romans durs » offrent naturellement plus de libertés, dans le choix du personnage principal dont les ressorts peuvent être différents, légaux ou pas, autres et contradictoires d’un héros à l’autre; dans sa raison d’être au sein de la société; dans son impact (Maigret ne peut être assassin) sur autrui. Mais au final, du carcan dans lequel évolue Maigret à la liberté du roman dur, Simenon étudie à chaque fois un homme plongé dans son univers. Maigret ou dur, les intentions sont les mêmes: tracer un portrait au sein d’un milieu.

    • Tu as raison Alvin. Dans les deux cas, Simenon dissèque son monde, les hommes et je ne focaliserais pas ou moins sur les techniques de résolutions des enquêtes du commissaire.

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