L’Âne rouge de Simenon

L’Âne rouge (1932) de Simenon…

Le résumé de l’éditeur : Un navire qui descendait la Loire lança deux coups de sirène pour annoncer qu’il évoluait sur tribord et le cargo qui montait répondit par deux coups lointains qu’il était d’accord. Au même moment le marchand de poisson passait dans la rue en criant et en poussant sa charrette qui sautait sur les pavés. Avant d’ouvrir les yeux, Jean Cholet eut encore une autre sensation : celle d’un vide ou d’un changement. Ce qui manquait, c’était le crépitement de la pluie sur le zinc du toit voisin, qui avait accompagné son sommeil pendant la plus grande partie de la nuit. Maintenant, il y avait du soleil. Il en avait plein les paupières closes.

Cela faisait quelques temps que je n’avais pas relu un Simenon. Chose corrigée avec L’âne rouge, un énième « roman dur ». Un énième roman fort malgré une taille réduite.

En lisant un roman de Simenon, j’ai tendance à l’aborder comme un roman noir ou un polar et avec celui-ci, il y a quelques éléments qui incitent à le considérer comme tel. Pourtant, j’ai envi, a posteriori, de la jauger comme un roman classique. Encore une fois, 150 pages qui nous font entrer dans un personnage, dans son monde.

Et c’est dingue de songer que L’âne rouge a près de 100 ans et si quelques éléments font « daté », la plupart du roman sonne extrêmement actuel. Simenon explore l’âme et les hommes et ça, ça n’évolue pas beaucoup.

L’âne rouge est un roman fiévreux dans le sens ou la tension qui se dégage des actions du personnage nous donne à penser à un drame en suspens. Une route au bord de l’abîme. L’émotion à fleur de peau pour un jeune homme qui se cherche.

Simenon nous plonge dans des ambiances de bars en fin de soirée. L’âne rouge est d’ailleurs le nom d’un bar, lieu de perdition qui ne dit pas son nom, purgatoire pour les égarés, passage vers le monde de la nuit.


Livrepoche.fr, un livre, une poche…

One comment to “L’Âne rouge de Simenon”
  1. Pas lu. Cà viendra.
    Il me semble que très souvent, le propre des « durs », comme tu le notes, est d’évoluer d’intention principale en littérature blanche et borderline dans ce qui, pour l’époque, n’est pas encore du polar, mais presque du roman noir. Mon dernier lu, « Les autres », navigue parfaitement dans ses eaux brouillées, l’intention policière s’efface et l’étude psychologique prédomine, reste une nouvelle fois « L’homme nu » cher à Simenon, le squelette de son oeuvre.

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