Chalet 1 d’André Baillon

Chalet 1 (1926) d’André Baillon…

Le résumé de l’éditeur: Interné au service psychiatrique de la Salpêtrière en 1923, André Baillon a rédigé Chalet 1 suite au séjour effectué à « la Pépette », telle que la nomme Jean Martin, son double littéraire. Outre Claire, envers qui il nourrit une passion certaine qui donne lieu à moult rencontres et à des échanges épistolaires nourris, les médecins, les infirmières, les différents patients et les visiteurs inopportuns, il a déjà fort à faire avec sa double personnalité : « Il y a Martin I, Martin II. Martin I, qui se juge – quelquefois avec sévérité ; Martin II qui nargue son juge et ne pourrait faire autrement. »
Mais bien qu’ayant le sentiment d’avoir le cerveau « comme de la ouate », c’est avec un mélange d’extrême lucidité et de drôlerie qu’il rend compte en une série d’instantanés poétiques du quotidien asilaire.

Voilà une des rares fois où je me laisse tenter par un résumé. Une des rares fois où j’en lis un. Et heureusement. Je serais probablement passé à côté de ce texte car la couverture ne m’attirait pas plus que cela. Ce récit d’André Baillon, cet auteur belge qui m’était inconnu, à tout pour me séduire, surtout la drôlerie. Chalet 1, c’est une tranche de vie psychiatrique, la période pendant laquelle l’auteur s’est retrouvé interné en asile.

Avec l’oeil de l’écrivain, André Baillon nous plonge avec délice dans la folie douce de ce genre d’endroit. C’est en tous cas l’expérience qu’il nous en donne. En premier lieu, c’est la tendresse que l’auteur à pour les autres internés qui se dégage et la manière dont il nous décrit les particularismes de chacun est savoureux. Rarement, j’ai ri autant dans un livre. Ça fait du bien car on sait la violence psychologique et physique de ce genre. Mais dans ce texte, même les évènements plus « durs », sont prétextes à rire.

Puis Chalet 1 bascule stylistiquement pour s’accorder à la situation psychologique d’un André Baillon désorienté et agité. Il perd en cohérence et si on peut douter de l’exacte véracité de ce récit, le lecteur ne peut pas nier qu’André Baillon réussit à nous plonger dans ce milieu étrange où la norme est tronquée par les psychologies détaillées de ses occupants.

J’ai beaucoup aimé Chalet 1 d’André Baillon et je me demande comment l’auteur s’en sort hors de l’asile, dans d’autres situations, dans d’autres romans/récits.

L’avez-vous déjà lu?


Livrepoche.fr, un livre, une poche…

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