WAITING PERIOD DE HUBERT SELBY JR

Waiting period de Hubert Selby Jr

Waiting period de Hubert Selby Jr…

Waiting period, dernier roman de Hubert Selby Jr, écrit peu avant sa mort, est un récit politiquement incorrect, politiquement incorrect à priori mais loin d’être immoral, bien au contraire. On y sent les envies de l’auteur de régler ses comptes avec l’ensemble de la société et l’hypocrisie générale.

Le résumé de l’éditeur de poche, iciC’est l’histoire d’un homme qui voulait juste en finir, s’acheter un revolver et se tirer une balle dans la tête. Mais à la suite d’un bug informatique à l’armurerie, il doit patienter quatre jours avant de posséder l’arme. Durant cette waiting period, il reconsidère son projet et finit par trouver une raison de vivre : débarrasser le pays  » des salauds  » qui pourrissent la vie des gens bien. Sa première victime est Barnard, un bureaucrate chargé de veiller aux intérêts des anciens combattants. Et après ? Après, il verra, mais une chose est sûre, les candidats sont nombreux. C’est l’histoire d’un démon dans l’Amérique d’aujourd’hui, un démon ordinaire qui refuse de mourir.

Le roman testament d’Hubert Selby Jr livre sa vision de l’Amérique de Georges Bush Jr.

Waiting period nous plonge dans le cerveau d’un homme qui, après avoir choisi de mourir, trouve une justification à la vie, et même plus, une motivation à la poursuivre. Et dans le cerveau de cet homme (Hubert Selby Jr ?), les pensées arrivent brutes, incohérentes parfois, pas très loin de la folie. Comme tout le monde finalement. À cela, on ajoute la voix d’une conscience, de Dieu ou je ne sais quel autre entité totalement barré qui encourage le personnage principal dans cette voie, le conforte dans ses choix.

Dans le même genre de roman partageant les pensées du héros, cela me fait penser à Un coeur faible de Dostoïevski que j’ai lu récemment. Là où le roman russes est fiévreux, suffocant, intense celui de l’américain Hubert Selby Jr semble plus posé, plus écrit. Le rythme est bon mais je ne me le suis pas approprié comme je l’ai fait avec Dostoïevski. C’est pour cela que le lecteur lambda que je suis y voit les signes de la folie du personnage empêchant une empathie plus grande.

J’avoue une légère déception car je m’attendais à une lecture plus borderline, plus crash, plus extrême.Waiting period est presque moraliste. Hubert Selby Jr se serait-il assagi se sachant proche de la mort ? Cherchait-il à démontrer, expliquer, exposer sa morale avant de passer de l’autre côté ?

Livrepoche.fr, un livre, une poche…

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