VERNON SUBUTEX T1 DE VIRGINIE DESPENTES

Vernon Subutex T1 de Virginie Despentes par Livrepoche.fr

Vernon Subutex T1 de Virginie Despentes…

Le résumé de l’éditeur Le Livre de Poche:

Qui est Vernon Subutex ?
Une légende urbaine.
Un ange déchu.
Un disparu qui ne cesse de ressurgir.
Le détenteur d’un secret.
Le dernier témoin d’un monde révolu.
L’ultime visage de notre comédie inhumaine.
Notre fantôme à tous.

Magistral et fulgurant. Une œuvre d’art.

François Busnel, L’Express.

Dans cette peinture d’une France qui dégringole dans la haine et la précarité, Virginie Despentes touche au sommet de son art.

Alexis Brocas, Le Magazine littéraire.

Une comédie humaine d’aujourd’hui dont Balzac pourrait bien se délecter.

Pierre Vavasseur, Le Parisien.

Beaucoup de bruit pour ce roman. Un dithyrambe critique. À première vue, Vernon Subutex semble le chef d’oeuvre de Virginie Despentes. C’est le genre de situation à modifier l’idée que l’on peut se faire du roman. Si j’ajoute mes propres aprioris à ce postulat de lecture, ça fait beaucoup.

Apriori positif: Je considère Virginie Despentes comme une auteur trash/cash/boarderline/entière/non censurée… et c’est assez rare pour que cela me plaise.

Apriori négatif: J’ai été plutôt déçu de Teen spirit, le premier roman que j’ai lu d’elle, un roman que j’ai trouvé « convenu ».

Alors, forcement, le style direct de Virginie Despentes colle très bien à son sujet. L’adéquation permet une immersion immédiate dans l’univers de Vernon Subutex sans pour autant aller jusqu’à l’identification. Car l’univers de Vernon Subutex, c’est un microcosme qui se prend pour le centre du monde. La concomitance showbiz/média et le cynisme réaliste de cette galerie de personnages explique à mon sens cette avalanche de critiques positives. La majorité des gens aime qu’on parle d’eux. La différence ici, c’est que ces gens font la pluie et beau temps culturel!

Mais quid du lecteur lambda, provincial, prolétaire, cadre?

« Magistral et fulgurant »

Lorsque Francois Busnel dit cela, je le comprends mais je ne suis pas d’accord. Certe, les mésaventures du personnage principal, Vernon Subutex, nous amène à croiser un panel assez large de personnages (non représentatifs de la société) mais haut en couleur et plutôt décalés ; cependant le cheminement n’est-il pas poussif, ne manque-t-il pas de cohérence, de réalisme ? N’y a-t-il pas un côté factice? Factice et répétitif?

C’est une critique de la critique que je me permets car elle me culpabilise en tant que lecteurs. Et je n’aime pas que l’on me culpabilise! Suis-je plus sot plus qu’un autre?

« Une formidable cartographie de la société française contemporaine »

Nelly Kapriélian, les inrockuptibles. J’ai envie de lui dire que Paris n’est pas la France et que le monde des média n’est pas représentatif de la société. Ces avis sont sur la 4e de couverture et c’est pourquoi je les mets en avant.

Cette mise au point effectuée, J’ai trouvé que Vernon Subutex était un tableau intéressant d’une certain frange de la société. Cynique et désabusé. Marginal. Tout ce que j’aime.

Je cherche encore le « trash » chez Virginie Despentes. À mon sens, putes et transsexuel ne suffisent pas pour entrer dans cette catégorie. Son style ressemble plus à l’écriture de Bret Easton Ellis (j’aime) que celui de Chuck Palahniuk (j’adore). Il me manque la petite musique des phrases, leurs poésies.

Il y a dans ce roman quelques passages sous forme de laïus très inspirés notamment celui de Kiko sur la finance que j’ai trouvé assez magistral.

J’ai donc aimé ce tome 1 de Vernon Subutex et très envie de lire le tome 2.

Livrepoche.fr, un livre, une poche…

8 Comments
  1. Bonsoir Nicolas, est-ce que les avis dithyrambiques des critiques littéraires te parlent réellement ? Je t’avoue qu’en les lisant, j’ai souvent peur d’être déçue par le livre ensuite. J’ai en tout cas hâte d’avoir ton avis (étrangement, les avis des copinautes ne me font pas le même effet 😉 étrange non ?) Bonne soirée à toi et à bientôt

    • Salut Yuko,
      Je ne lis que très rarement les nouveautés! Ce qui fait que je suis rarement dans ce qui buzze! Le partenariat récent avec Le Livre de Poche me donne l’occasion de lire des sorties récentes et comme toi je suis plus sensible aux avis « amateurs » qu’aux critiques professionnels (il y a toujours trop de copinage dans ce milieu là)! Pour Vernon Subutex de Despentes, le phénomène média vient de la proximité du sujet du livre avec le milieu des média! Les situations leur parlent beaucoup plus qu’à nous et peut-être même reconnaissent ils des connaissances?

  2. Je suis contente de lire ta critique sur ce livre. C’est vrai que les critiques peuvent parfois frustrer le lecteur et leurs critiques ne nous touchent pas forcément – justement parce que Paris n’est pas la France et que tout le monde n’a pas le même accès aux connaissances et à la culture – du coup, ne reste-t-il pas que le ressenti justement subjectif et donc forcément personnel et unique, qui ne peut être dicté par un critique ? … Je m’égare 😉 Décidément Virginie Despentes ne sera jamais parvenue à me toucher, j’espère que ce sera le cas d’un Bret Easton Ellis ou d’un Chuck Palahniuk 😉
    Bonne soirée à toi !

    • Et je n’ai presque pas parler de la 4e de couverture (le résumé, l’accroche ou je ne sais quoi) qui me semble si loin du livre! Comme toi, je ne suis pas « toucher » par ces personnages mais j’aime bien l’univers qu’elle décrit. Comme Beigbeder!
      Tu risques de ne pas trop accroché avec Brest Easton Ellis si tu n’en a pas lu (et je te déconseille de commencer par American Psycho). En revanche Chuck Palahniuk, sans parler des sujets de ses romans (toujours très originaux), c’est un style ultracuté, un rythme incroyable et des punchlines renversantes.
      Voila, j’ai envie de relire un Palahniuk maintenant!
      Bonne soirée Yuko

    • Merci, c’est sympa. Pour Bret Easton Ellis, j’ai commencé par American Psycho et, premièrement, il est vraiment pas facile à lire. Un exemple: très souvent il y a 3-4 lignes ou le narrateur décrit sa tenue vestimentaire par le menu avec les marques et tout se qu’il faut. Au début c’est marrant mais ça revient très souvent.
      En plus, je ne le trouve pas forcement révélateur de son oeuvre qui est largement teinté de son expérience personnelle. À mon sens, le mieux est de les reprendre dans l’ordre de sortie!
      1. Moins que zéro
      2. Les Lois de l’attraction
      3. American Psycho
      4. Zombies
      5. Glamorama
      6. Lunar Park
      7. Suite(s) impériale(s) (pas lu, qui est la suite de Moins que zéro)

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