TROISIÈME HUMANITÉ DE BERNARD WERBER

Troisième humanité de Bernard Werber par Livrepoche.fr

Bien que ce soit le premier livre de Bernard Werber que je glisse dans le site, c’est loin d’être le premier que je lis. J’ai tout lu de lui ou presque. Et il n’est pas peu dire que j’admire son travail. Et dans l’ensemble son oeuvre est remarquable.

Mais…

Est-ce moi qui ai changé, évolué dans mes lectures, dans mes attentes ? Ce mois d’octobre n’était-il pas propice à la lecture de Troisième humanité ? A-t-il modifié quelque chose à ce roman qu’il y avait dans les autres ? Je ne saurais parler que du sentiment qui m’est resté du début à la fin de ce roman.

Le résumé de l’éditeur de poche, iciNous sommes à l’ère de la deuxième humanité. Il y en a eu une avant. Il y en aura une… après.

Voilà du pur Werber : haletant, plein d’autodérision et gentiment barré new age. Un véritable manifeste écolo. VSD

La fantaisie de l’auteur, son ironie mordante en même temps que son sens du suspense et de la critique sociale le font entrer dans la cour des grands. Dans la lignée de Jules Verne et de Philip K. Dick, il crée une cosmogonie et nous donne le vertige en répondant à la question la plus essentielle de l’humanité : qu’allons-nous devenir ? Elle.

S’agissant des règles générales qu’il applique à l’ensemble de ces romans, Bernard Werber continue ce subtil mélange de polar scientifique d’aventure Sf en abordant des thèmes plus qu’originaux et développant des thèses jusqu’au-boutiste qui nous interpellent. Et c’est pour cela que la mayonnaise de Bernard Werber prend souvent, c’est qu’il est capable de rendre probable des idées flirtant le farfelue.

Mais Bernard Werber parvient à nous questionner sur notre humanité, sur nos religions, sur nos certitudes, nos idées reçues dans un roman qui semble léger et sans conséquence. Il sait mêler ces incertitudes de la « vie » en général à cette science fiction qui lui est propre dans un style très didactique, trop didactique.

Et c’est sur ce point que je suis moins convaincue. Qu’il vulgarise, et la science, et la littérature est une chose très importante, qu’il réussit superbement, séduisant un lectorat plus jeune au risque de lasser un lectorat plus « aguerrit ». De lasser car il m’a fait me sentir plus bête que je ne le suis, c’est à dire que j’ai senti qu’il voulait que je comprenne absolument tout, que je ne rate rien, en revenant sur des faits déjà acquis, déjà intégrés.

Et c’est surement parce que Bernard Werber écrit de cette manière qu’il parvient à intéresser un public si large, jusqu’aux plus jeunes. Troisième humanité tombe à mon goût, dans un style de littérature trop explicite, qui perd en rythme, surtout avec le huis-clos au milieu du livre.

Troisième humanité est le tome 1, Les micro humains le tome 2 (il n’est pas préciser combien de tome sortiront de cette histoire mais je mise sur 3).

Bonus écologique : l’écolo que je suis ne se retrouve pas dans le traitement de l’écologie tel que Bernard Werber l’aborde « Sauver la planète » comme slogan, elle est vivante. En plus de ne pas intéresser les égoïstes, il est certain que nous sommes (en tant qu’humain) que peu de chose pour cette planète (au sens entité du terme). Nous exerçons une pression sur les autres locataires de cette planète, nous appauvrissons la biodiversité, nous ne sommes pas sur les bonnes voies de développement mais la terre ne risque pas de s’effondrer sur elle-même.

S’il faut sauver quoi que ce soit, c’est nous ! Notre confort dépend de tant de paramètres que nous pouvons nous considérer chanceux ! Une petite ère glacière, c’est juste 1 à 2 degrés en moins non ? Ce que nous faisons, c’est juste de détruire les molécules qui nous sauveraient, les écosystèmes qui maintiennent ces précieuses conditions favorables ! L’écologie est le baromètre de l’intelligence humaine collective, proche de zéro dans beaucoup de pays !

« Avons-nous besoin de sauver cette espèce de condor? Pas forcement… sauf que pour sauver le condor, nous auront besoin de developper les qualités qui nous permettront de nous sauver nous-même ». Conway Mac Millan

Livrepoche.fr, un livre, une poche…

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