Sidooh de Tsutomu Takahashi

Sidooh (2005- 20xx) de Tsutomu Takahashi…

T.1

Le résumé de l’éditeur: Milieu du dix-neuvième siècle au Japon. Une femme meurt emportée par l’épidémie de choléra qui ravage le pays, elle laisse deux jeunes enfants livrés à eux-mêmes : Shotaro, 14 ans et Gentaro, 10 ans. Suivant les dernières recommandations de leur mère, ils savent que pour survivre, ils devront devenir forts car les faibles sont voués à mourir. Ils se mettent alors en quête d’un maître qui leur apprendra à manier le sabre pour devenir comme leur défunt père, un samouraï. Ces innocents orphelins sont loin de s’imaginer combien le monde qui les entoure peut-être sans pitié envers ceux qui ne savent se défendre…

Quand j’ai feuilleté quelques pages de Sidooh, j’ai été séduit par son côté rétro. Les planches de Tsutomu Takahashi, sont chargées, sombres, j’irai même jusqu’à dire granuleux. L’univers moyenâgeux convient bien à ce style de dessins.

Pour l’histoire, ce tome 1 pose des bases bien sombres. Il y a rien a sauvé. Tsutomu Takahashi n’est pas tendre avec ses personnages. de désillusions en désillusions, on tombe au plus bas avec les 2 frères.

Je viens de voir sur le site de Nautiljon que la série comporte 25 tomes et que la France s’est arrêtée à 14 tomes. J’espère que les éditeurs n’ont pas laissé la série en suspens mais au moins terminé un arc narratif. Saurez-vous me répondre ?

T.2

Le résumé de l’éditeur: Shotaro apprend qu’il va être sacrifié au cours d’un combat truqué, organisé par les « coeurs purs » dans le cadre d’un spectacle donné devant les dignitaires d’Edo. Sa seule chance de s’en sortir est de se battre. Mais en deux nuits, comment le jeune garçon pourrait-il apprendre à manier suffisamment bien le katana pour rivaliser avec un adversaire surentraîné ?

En un sens, ce deuxième tome calme le jeu pessimiste du tome 1. Niveau déception, on peut guère aller plus bas de toute façon. Tsutomu Takahashi introduit son univers, un univers très violent, teinté de spiritualité déviante.

On commence à entrevoir le déroulé de ce qui peut arriver avec cette menace de mort imminente sur le protagoniste de Sidooh. Ce tome prend le temps de se poser mais est-ce pour mieux nous surprendre ?

Ce tome 2 se termine en plein milieu d’un combat en cours et là, je me sens obliger d’enchainer avec le suivant.

T.3

Le résumé de l’éditeur: Dans l’arène de la résidence des coeurs purs, Shotaro livre un combat difficile contre Asaji, un jeune prodige du combat appartenant à la terrible dorentaï. Malgré son manque d’entrainement, le jeune captif parvient à toucher son adversaire mais affamé, blessé et peu sûr de lui, le jeune garçon sent le piège se refermer.

Reprise du combat interrompu et le destin des garçons, après d’âpres débuts, tourne enfin à leur avantage.

Une ellipse nous amène 2 ans plus tard. Vous avouerez que le découpage est étrange. Devenus samouraï, les 2 héros de Sidooh semble enfin débuter leur aventure. Le caractère des 2 frères se dessinent dans leur différence. Comment cela va-t-il évolué.

La suite au prochain tome.

T.4

Le résumé de l’éditeur: Désormais membres du bataillon blanc de Kiyozo Asakura, Gentaro et Shotaro se rendent à Edo, où ils ont rejoint les rebelles qui veulent renverser le Bakufu. Alors qu’ils s’apprêtent à partir pour Yokohama, ils sont attaqués de nuit par des hommes du gouvernement. Un baptême du feu sanglant pour le byakurentaï !

Ce tome 4 m’a fait l’effet  d’être un peu différent que les 3 premiers. Là où il y avait principalement de l’action et des péripéties, concentré sur les protagonistes, ce tome 4 contextualise sérieusement la situation. Tout est plus ample, plus ambitieux. Sidooh s’inscrit dans une Histoire japonaise pas assez connu par chez nous. Je ne vais pas vous faire un cours mais l’action se situe au moment où le Japon commence à s’ouvrir au monde et constate son retard technologique. Forcement, cela crée des tensions dans la populations entre ceux qui veulent cette ouverture et les autres. C’est dans ce contexte social et politique que Tsutomu Takahashi inscrit Sidooh. Et la frontière entre les bons et les méchants s’affinent encore.

Ce qui se révèle aussi dans ce tome 4, c’est la dualité de caractère des 2 frères. On sent poindre des divergences qui me font penser que cela ne peut pas bien se terminer. Le petit frère est un chien fou assoiffé de combat. C’est peut-être du déjà vu mais ça marche grâce à des évènements âpres et brutaux. J’ai hâte de savoir comment cette relation va évoluer.

T.5

Le résumé de l’éditeur: Désormais privés de la couverture de « blanchisseurs » que les rebelles de Mito leur fournissaient avant d’être exterminés par le Bakufu, Kiyozo et les autres membres du Byakurentaï sont contraints d’élaborer un nouveau plan d’attaque pour remplir la mission qui leur a été confiée : couler le « navire noir » que les Américains ont amarré dans le port de Yokohama…

Ce tome-ci est une nouvelle fois violent. Il y a le plan, celui de couler le bateau noir, symbole de l’asservissement japonais aux forces de l’extérieur, aux étrangers. L’exécution du plan, c’est autre chose.

Tsutomu Takahashi fait dans la dentelle façon samouraï, à coups de katana. 

Pas de temps mort, les combats s’enchainent avec un vif plaisir de morts et de vices. Les 2 frères continuent leur évolution, l’un vers l’entraide, l’autre vers le combat. et je n’ai pas trouvé ce que j’avais vu dans le précédent, cette dualité. 

Le style est toujours teinté de cette patine ancienne, une rugosité de parchemin, assez sombre mais qui colle bien à l’univers médiéval de Sidooh.

T.6

Le résumé de l’éditeur: Le « navire noir » est en flammes et les membres du Byakurentaï mènent leur attaque avec brio jusqu’au moment où les « étrangers » se mettent à utiliser les armes à feu. Ino est touché par une balle et s’écroule par terre. Il demande alors à Gen de le laisser et de s’enfuir, mais le garçon est furieux et ne compte pas en rester là. Dans un accès de rage, il fonce vers les membres du Bakufu, son sabre à la main. Le capitaine Johnson, qui était à bord d’un autre vaisseau, refuse de voir le Byakurentaï couler le « navire noir ». Il donne alors l’ordre de sortir les canons et de faire feu sur le bateau en flammes.

C’est l’heure de la fuite, l’heure des sacrifices. L’équipe doit se séparer et tout ne peut pas être parfait pour chacun. Sidooh est très dur dans les 2 premiers tomes puis le destin des 2 frères s’est calmé. Pourtant, la dureté revient.

Tsutomu Takahashi n’est pas tendre avec ses personnages. De nouveaux objectifs surviennent non sans surprise. Une longue ellipse se prépare et Sidooh me laisse penser que l’auteur avance à l’aveuglette sans trame principale très marquée. Une succession d’intrigues, des sabres qui taillent la chair, la voix du samouraï.

J’aime bien le traitement de certains visages dans Sidooh, des gueules carrés, puissantes, surréalistes et donne une ambiance certaine.

T.7

Le résumé de l’éditeur:Voilà maintenant un an que le Byakurentaï s’est installé à Edo, la capitale. Shotaro et son frère Gentaro, après un entraînement draconien, ont acquis une excellente maîtrise du sabre. Afin de tester leurs limites, ils décident de s’inscrire à un grand tournoi, auquel participent de nombreux et puissants combattants…

Ce manga me surprend et je ne saurais dire si cela me plaît ou non. À chaque nouvelle séquence, je m’attends à telle ou telle progression et Tsutomu Takahashi dégoupille tout et fait péter mes attentes. Il ne s’éternise pas sur les situations. D’un côté, ça développe les personnalités mais d’un autre, j’ai l’impression qu’il n’y a pas développement et qu’on passe d’une séquence à l’autre sans une vraie cohérence romanesque ou une cohérence précipitée.

Peut-être la peinture historique prend le pas et l’auteur souhaite tout dire du contexte et avance dans cette fresque par de courtes chroniques. Mais j’aime bien Sidooh. Il me manque juste un peu de tension liée à une progression et à l’accomplissement des 2 frangins.

Les dessins sont toujours intéressants, âpres et rugueux, avec certaines planches aux cadrages superbes.

T.8

Le résumé de l’éditeur: « Si je perds, je me ferai seppuku. » C’est sur cette déclaration que Gentaro lance un défi à Kanbee Sagawa. Il est cependant vite dépassé par la force écrasante de son adversaire. Plus que son corps meurtri, c’est l’orgueil du jeune homme qui ne se remet pas des coups qu’il reçoit, c’est finalement vers lui-même qu’il pointe sa lame !

Malgré un manque de continuité dans une histoire, j’aime bien suivre les aventures de ses 2 frères samouraïs. En formation pour apprendre le bushido, ils se découvrent. L’un l’honneur, l’autre l’amour. Plus calme, plus contemplatif, plus esthète, ce tome 8 a une teinte agréable à lire. Mais cela ne dure pas.

Je ne me rendais pas compte mais j’aime beaucoup le style de ce manga, son univers âpre, les personnages, le fond médiéval historique. Pour le coup, le fait de changer souvent de séquence empêche une lassitude certaine quand les choses sont trop étirées. Je sais déjà que le tome suivant m’amènera sur des terres nouvelles.

J’en suis même à regarder les autres oeuvres de Tsutomu Takahashi car lorsque j’aurais terminé Sidooh, je tenterais bien une autre série de cet auteur alors si vous avez un conseil h’hésitez pas à me le donner.

T.9

Ce tome 9 amène encore une évolution. Cette fresque est pressé de dire beaucoup et avance par bonds à un rythme effréné. Comme guide, la vengeance des 2 frères. Tsutomu Takahashi nous livre ici le tome le plus politique. On y comprend mieux les enjeux nationaux et surtout, dans quel camp se situe les personnages.

j’aime de plus en plus cette série dont j’apprécie particulièrement les dessins. Vont-ils s’améliorant ? Je n’ai pas eu l’impression au début mais la finesses des visages, les regards et les expressions sont beaux.

T.10

On continue dans la résistance japonaise face à l’envahisseur et je suis encore charmé par les dessins. Je me rends compte que c’est une des 1res fois que je lis un manga où les visages ne sont pas exagérément déformés pour exprimer les émotions. Ça donne une dignité, une classe aux personnages.

Pour le reste, la grande Histoire est assez confuse surtout parmi les combattants qui s’engagent, entre leurres et stratégie politique des choses sont mal embarquées.

Affaire à suivre pour les 2 frères.

T.11

Ce tome 11 installe encore plus les problématiques politiques de cette période de transition pour le Japon. Les lignes deviennent floues tout comme notre compréhension. Peu habitué aux principes de clans, castes, han, il est dur de reconnaître le périmètre des pouvoirs de tel ou tel groupe; d’autant que, avouons-le, on a de grosses lacunes sur l’Histoire japonaise.

Mais cela n’est que le contexte car Sidooh est un manga de samouraï et de combats. Et des combats, il y en a et l’intensité n’est pas en reste tant les antagonismes se rapprochent présageant une rencontre explosive.

Je suis toujours très sensible aux dessins de Tsutomu Takahashi, surtout les personnages à la fois beaux, pour certains, et avec de vraies gueules pour d’autres. Un mariage qui fonctionne parfaitement.

T.12

À suivre…

T.13

J’avoue qu’avec ce tome 13 de Sidooh, j’ai un peu perdu le fil historique de ce Japon médiéval et politiquement trouble. N’ayant aucune base de connaissance sur l’histoire japonaise, les tenants et les aboutissants des intrigues me sont un peu distantes.

Tsutomu Takahashi est pourtant explicite et avec un peu de concentration, j’aurais peut-être après des choses. J’ai beaucoup suivre les aventures des 2 frères et même de toute la bande en me demandant qu’est-ce qui va arrêter leur progression ?

Pour les dessins, il y a un souffle dans ses planches. On sent le soleil, le vent dans les kimonos, ça respire, ça frémit. Et c’est toujours dans ce style élégant.

T.14

T.15

Je n’ai toujours pas cerné le contexte socio-politico-historique de Sidooh et ce qui constitue les différents intérêt de cette guerre. Cela restera un flou jusqu’au bout. Et c’est pourtant, je le pense, une des richesses de cette série.

Dans ce tome 15, outre la guerre et son lot de combats, d’incendies criminels, de stratégies, on entre un peu dans l’intimité des héros. Petite pose qui ajoute des tensions inhérentes aux relations de chacun. La mort possible en toile de fond.

Et toujours une élégance dans le trait, un style fort encore, plus flagrant dans certaines doubles-pages plus léchées. Je suis séduit et quand j’aurais terminé Sidooh, je me pencherai sur une autre série de l’auteur.


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