LE ROMAN DU MARIAGE DE JEFFREY EUGENIDES

2014-07-romandumariage par livrepoche.fr

À l’origine de ce blog d’avis littéraire personnel, Je souhaitais dégager de mes lectures de poche une sorte d’intelligence, de réflexion un peu plus poussée. Gros lecteur, concentré, immergé dans le récit que je lis, je me suis rendu compte qu’il ne me restait que peu de traces de mes lectures passées. Tout juste un vague sentiment positif ou négatif ! La plupart du temps pas grand chose. J’avais une grande capacité de réinitialisation de mon expérience littéraire. J’étais même obligé de recommencer une nouvelle lecture sitôt la dernière ligne d’un roman lu.

Ce qu’il reste ? Un sentiment positif ou négatif…

Il y a quelques années, j’ai lu Middlesex de Jeffrey Eugenides et il me reste de cette lecture un prénom et un sentiment extrêmement positif.

Pour changer mon comportement de lecture, je prends désormais le temps de coucher sur le papier mon avis, et cela me permet d’approfondir ma lecture en me questionnant sur la façon dont j’ai participer à cette lecture, mon sentiment et ses raisons.

Le résumé de l’éditeur de poche, iciUne fille et deux garçons. Sur le campus de Brown comme ailleurs, il y en a un de trop. Madeleine aime le brillant Leonard et rêve déjà de leur futur radieux d’intellectuels talentueux. Mais Leonard est fragile, imprévisible, Madeleine est constamment sur le qui-vive. Avec Mitchell, le prétendant idéal, la vie serait simple ; pourtant Madeleine est réticente. Faut-il se marier par amour ?

Pour Le roman du mariage, je me sens un peu dépassé, culturellement en retrait, car c’est un roman ultra-référencé, faisant appel à un univers littéraire dont je ne suis pas familier (loin de là). Passant outre la quantité d’oeuvres cités dès le début du roman dont je ne connaissais même pas les auteurs (apparemment fondamentaux pour certain), je me suis laissé porter par l’histoire de ces 3 universitaires favorisés, cultivés, intelligents qui se rencontrent dans des cours de littérature universitaire au nom comme : « Introduction à la théorie sémiotique » et « Sémiotique 211 ».

Je ne peux donc pas juger des ponts fait entre les romans cités et Le roman du mariage et me contenter du passage de l’adolescence à l’âge adulte des personnages, en quête d’amour et d’idéal.

Le roman du mariage est, à mon goût, très bien découpé avec une chronologie finement travaillée, qui sait faire naître une certaine tension puis revenir en flashback. Jeffrey Eugenides sait parfaitement être juste quant à l’exposition des sentiments humains et il parvient à ne pas nous égarer dans la complexe évolution des ressentis individuel.

Roman sur la frustration, la déception, sur les désillusions, Le roman du mariage est une description pointilleuse de la capacité de chacun à se créer des rêves et à passer à côté par trop de réflexions, trop de calculs, trop de retenue.

Le roman du mariage démonte chacune des fantasmagories estudiantines, par la confrontation à la réalité. Une sorte d’amertume (pour le rêveur que je suis) se dégage du roman une fois la dernière page tournée.

À travers ses 3 personnages, Jeffrey Eugenides expose les 3 axes de pensée américains (le scientifique, le religieux et la romantique) et aucun ne s’en tire mieux que l’autre. Ce portrait des U.S.A. des années 80 peut nous en apprendre sur ce qu’est devenue cette nation aujourd’hui, une entité totalement démythifiée qui se consume d’elle-même.

Le roman du mariage est le genre de roman pouvant traverser le temps et devenir un classique.

Livrepoche.fr, un livre, une poche…

N'ayez pas peur de commenter