QUARTIER NÈGRE DE SIMENON

Quartier nègre de Simenon par Livrepoche.fr

Quartier nègre de Simenon…

Le résumé de l’éditeur (ne pas lire) : L’Amérique du Sud, cela peut faire rêver. Le canal de Panama… les Antilles… la jeune puissance américaine qui grandit, la fortune possible et l’exotisme des paysages, l’excitation de l’aventure, le risque de croiser d’anciens forçats de Cayenne… Cela peut aussi devenir l’enfer : une mort lente sous les tropiques. Joseph, fiancé depuis deux ans et marié depuis peu, débarque à Panama dans la zone du Canal. Il croyait faire escale et se retrouve bloqué. La compagnie qui l’embauchait a fait faillite. Plus de ressources. Pas d’argent. Joseph ne sait plus que faire. Son épouse, si jeune, le regarde autrement. Que sait-il d’elle finalement ? Que sait-elle de lui ? Entre espoir, survie et quartier réservé aux putes à matelots, quelle sera la fin ?

Il n’est pas souvent des auteurs qui savent maintenir un tel niveau d’exigence dans le style et dans la teneur de l’histoire qu’il raconte. Cette vieille édition de Quartier nègre de Simenon dont j’ai l’impression qu’il n’y a pas eu de réédition récente, fait partie de ses oeuvres de littérature qui ont une force.

Romancier ultime, Simenon, sous des allures d’évidence nous raconte cette histoire et nous transporte en Amérique du sud avec ce couple. Pas de spoil. Je ne raconterai rien de factuel sur cette histoire mais j’aimerais dire que je l’ai trouvé d’une profondeur et d’une force que nos auteurs contemporains devraient prendre en exemple.

Je dis ça car là où certains se contentent de piocher un moment de vie de leur personnage, Simenon les transcendent et vient dévoiler avec justesse et équilibre la période clef de leur vie. Il écrit un « roman » dont la lecture est intéressante car il n’y a plus qu’à se laisser porter par l’auteur.

Cette force dont je parle, ce serait la maitrise de son texte, de l’impact qu’il a sur le lecteur, de la capacité à former un tout parfait, indivisible.

Quartier nègre, c’est plus que cela et si je voulais comparer avec d’autres ouvres ayant le même ressort narratif ce serait déjà trop en dire. C’est frustrant mais le lecteur curieux qui choisirais de lire Quartier nègre ne sera pas en attente de ce qui doit arriver dans l’histoire, il sera comme au premier jour de la sortie du roman et surtout, il sera guider par ce que Simenon a choisi de dire ou non et à quel moment il souhaite le dire.

Depuis quelques oeuvres de Simenon que je lis, je le trouve toujours original dans ses sujets et celui-ci en est un bon exemple.


Livrepoche.fr, un livre, une poche…

2 Comments
  1. Ton avis est frustrant car rien ne transperce de l’histoire si ce n’est le charme qu’à opérer le texte et l’écriture de l’auteur sur toi. Je dois me contenter de savoir qu’il s’agit d’un couple en Amérique du Sud ^^
    Frustrant mais terriblement tentant! :p

    • J’ai assez souvent été surpris de résumés ou de chroniques qui racontaient toute l’histoire et je me suis rendu compte en lisant que j’étais dans l’attente de ce qui devait arriver aux personnages! Je me suis dit qu’il faudrait en dire le moins possible sur ce qu’il va se passer, même si ce n’est qu’au milieu du roman. Comme ça, le lecteur peut se placer en position d’être vierge de tout en débutant la lecture et se laisser guider par l’auteur!
      Pour ce roman là, un couple en Amérique du Sud, c’est déjà beaucoup! 😉

N'ayez pas peur de commenter