Olympos de Dan Simmons

Olympos (2005) de Dan Simmons, traduction de Jean-Daniel Brèque…

Le résumé de l’éditeur de poche: Échappant au scénario d’Homère, Achille et Hector se sont alliés pour vaincre les dieux et assiéger leur forteresse martienne. Ils profitent de la porte ouverte dans l’espace par les Moravecs, qui leur apportent un sérieux appui. Mais la porte commence à se refermer…
Sur Terre, les Voynix, qui ont longtemps été les serviteurs des Derniers Hommes, ont soudain entrepris de se révolter. Les Derniers Hommes, élevés dans la soie, vont devoir apprendre à se battre…

Voila que je referme les dernières pages d’Olympos très satisfait d’avoir terminer une oeuvre que je qualifierais d’abord de volumineuse mais on peut ajouter dense, riche en éléments que Dan Simmons a parfaitement mené à son terme. Enfin, presque parfaitement. Il me reste un petit goût. Amertume? Déception d’avoir frôlé le magistral?

Avec Ilium, cette histoire est tout juste démente. Je crois n’avoir jamais lu un roman aussi foisonnant, fourmillant d’idées aussi folles les unes que les autres. Mais la cohérence n’est pas perdu car c’est une oeuvre finement réfléchis, savamment mise en scène dans un univers développé à l’extrême. Si on ajoute la présence incongrue (mais crédibles) des guerriers mythologiques d’Homère, on peut dire qu’Olympos est épique.

Mais Dan Simmons n’est pas exempt de faiblesses. Si je n’ai aucun problème avec la stigmatisation dans une oeuvre de fiction, il faut à minima qu’elle soit argumentée et un minimum subtile. Dans Flashback, cela ne m’avait pas choqué mais lire une deuxième fois (il y en a peut-être d’autres) l’utilisation du même grand méchant diabolique me dérange. Surtout que cela nous ramène vulgairement à l’actualité alors qu’on se trouvait à des années lumières.

Je ne ferais pas le reproche à Dan Simmons de mettre de lui dans ses romans. Il est seul maitre à bord. Mais quand c’est un peu trop idéologique, ça passe pas avec moi. En plus, ça se passe plutôt vers la fin d’où cet effet déceptif du roman.

J’avoue que je suis resté avec quelques questions concernant les origines de divers monstres et machines d’Olympos. Là où tout est justifié, finement réfléchi, anticipé, sur le principal j’ai du rater la justification.

Bon, ça n’a pas l’air mais j’ai adoré l’univers de ce roman. Il est tellement original, osé que c’est le genre de roman qui devient une référence. En comparaison, beaucoup de romans de SF vont paraitre fades. L’érudition de Dan Simmons explore tant de sphères que comme je l’ai lu ça et là, il y a des idées pour plusieurs romans. C’est qu’il est généreux avec son lectorat.


Livrepoche.fr, un livre, une poche…

20 comments to “Olympos de Dan Simmons”
  1. Le diptyque me tente. Mais tu connais mes réticences face au Simmons SF, lui préférant celui Fantastique. Mais basta, je possède la double bête, vol 1 & 2, celle qui pèse son poids en temps à y consacrer, je vais m’y coller. Si je me souviens bien le traducteur français de Simmons, Brèque, n’est pas celui qui s’est accouplé à Flashback. Le contrat a été rompu unilatéralement de la part du français qui ne se se trouvait plus en accord avec la part que Simmons injecte de lui-même dans ses oeuvres récentes. Est-ce toi aussi ce que tu sembles lui reprocher dans le corps de ta critique…? Je cite: »Mais quand c’est un peu trop idéologique, ça passe pas avec moi ». J’avais évité Flashback sur la foi de la réticence de la critique pro, d’autant qu’à l’époque le roman n’était pas encore en poche (donc cher pour une déception potentielle). Autre fait qui attire ma réflexion, son dernier roman n’est toujours pas sorti en France:

    • J’ai vite regardé sur Wiki et il semble y avoir eu plusieurs traducteurs. je comprendras aisément que Brèque ne veuille pas s’associer à ce genre de propos, le sujet semble moins manichéen en France qu’aux States.
      J’avais pas fait gaffe au fait que Flashback est sorti bien après Ilium/Olympos. Et je suis en train de me demander s’il n’est pas une sorte de prequel, ou une genèse (mais je me rappelle plus trop l’histoire).
      De toute façon, tu les as dans la PAL, il va falloir les lire. 😉

    • Rectificatif à mon propos ci-dessus: »Abominable » devrait sortir chez Robert Laffont (grand format) en octobre 2019, suivi de deux autres (semble t’il versant fantastique) en 21 et 22. Enfin. Cà se débloque.
      Je m’attaquerai sous peu au diptyque ilium+Olympos.
      Ps: si je me souviens bien, Brèque avait fait part publiquement de la fin de sa collaboration avec l’auteur en y ajoutant les raisons.

    • C’est une bonne nouvelle ça. À condition qu’Abominable ne fasse pas référence un nouvelle fois au même grand méchant..)
      Pour Brèque, si tu te rappelles où tu as vu/lu ça, je serais curieux de voir ça.

    • Je ne comprends plus. Au début, c’est moi qui te pose la question. Comme je ne lis pas les résumés, je ne sais rien des histoires que je n’ai pas lu. Et j’ai pas (encore) lu Terreur.

    • je suis allé lire ça et c’est affligeant. Ça déchaine les passions du forum. Je ne sais trop quoi penser sinon que l’homme perd de mon estime sans pour autant que l’auteur en soit affecté. Pour l’instant en tout cas. Mais ça commence à sentir mauvais. Je ne suis pas bien certain d’avoir compris tout ce qui lui est reproché. Il est question du surhomme (L’échiquier du mal mais aussi dans Ilium et Olympos finalement), faisant de lui un nazi en puissance. Mais je le voyais plutôt comme un auteur juif (avec des héros juifs), le contraire du nazisme tel qu’on l’a vécu. Là, c’est plus évident concernant sa focalisation contre les musulmans.

    • @Nicolas:
      citation « Je ne sais trop quoi penser sinon que l’homme perd de mon estime sans pour autant que l’auteur en soit affecté »
      >>>>> C’est tout à fait çà.

    • Un bémol concernant l’exacerbation des commentaires du forum: c’est monnaie courante dans le fandom SF. Tout part très vite en vrille au moindre déclic. C’est la passion de certains pour la SF qui déclenche tout.

    • C’est pour ça aussi que je traine peu/pas sur les forums de ce genre. Outre les « trolls » et les « haters », la lisibilité est pas géniale.
      Je ne suis que sur Livraddict et ça me convient.

    • Plus c’est pointu, plus c’est élitiste. J’aime bien ma liberté de créer et de digresser.
      Je précise que je ne suis pas sur ActuSF.

  2. Eh bien, en lisant vos coms j’en apprends de belles sur cet auteur. Je ne l’ai pas lu mais j’ai vu l’adaptation de Terror et l’histoire était bonne. Je n’y ai pas remarqué de travers raciste ou autre. Je m’étais dit que je lirais l’auteur un de ces 4.
    Mais là, pour le coup, j’avoue que je n’ai pas envie de donner un copek à un auteur ayant de telles idées. Tant mieux, il y aura de la place et du temps pour d’autres romans, d’autres auteur.ices.

    • Terror et Drood viennent d’entrer dans ma PAL mais hje suis un peu gêné aussi par les positions de l’auteur. Heureusement que la qualité littéraire sont là. S’il s’avère qu’il récidive ses thèses trop ouvertement dans ses romans, ça va me bloquer. Ses anciens romans doivent être moins impactés. Je pense.

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