Lala Pipo d’Hideo Okuda

Lala Pipo (2005) d’Hideo Okuda, traduit par Patrick Honnoré et Yukari Maeda…

Le résumé de l’éditeur: Hiroshi s’adonne à d’acrobatiques séances de masturbation en espionnant les ébats de son voisin. Kurino, apprenti rabatteur, débauche des femmes dans la rue pour des clubs très spéciaux. Quadragénaire, Yoshie se lance dans le porno pour tromper son ennui. Des antihéros marginaux et frustrés pour qui le sexe est un remède à la solitude. Dans le Tôkyô interlope, leurs destins s’entrecroisent…

C’est tout d’abord la couverture pop et le titre énigmatique qui m’a attiré vers Lala Pipo car faut avouer que je ne connaissais pas son auteur Hideo Okuda. Si on ajoute un thème foutrement sensuel, sexuel même, je sentais que cette ballade dans l’underground nippon allait me plaire. Ce fût le cas. 

Ne vous attendez pas à l’habituelle grâce et esthétique japonaise, Hideo Okuda nous immerge dans les obsessions sexuelles de ses concitoyens. Si ce n’était que ça, Lala Pipo ne m’aurait pas plus séduit que ça. Par quoi commencer ?

Déjà, la structure du roman m’a surpris. On pourrait penser à une suite de nouvelles mais je dirais que c’est plutôt un roman à scènes, à sketches. Chaque personnage est présenté, vit son histoire et passe le relai. Chacun explorant une face de la prostitution. Bien sûr, le pathétique des situations crée une gêne mais expose au grand jour les vices et obsessions qui soutiennent le monde poli que l’on croit connaître. Au-delà de ses histoires sexuelles, c’est la société qui transparaît, sa face cachée.

D’un autre côté, je n’avais jamais pris conscience du principe de hiérarchie dans la société japonaise, et pas seulement en entreprise. Il semble même y avoir une forme de classement implicite des métiers où les mouvements d’un niveau à un autre paraissent très compliqués. C’est une des choses qui me plaît de découvrir dans la littérature étrangère, ses vérités dans les petites choses, des choses anodines.

Hideo Okuda s’attèle à rendre cohérentes les différentes scènes et même complémentaires au point d’en faire bel et bien un roman. Dans son exploration de la prostitution japonaise, Lala Pipo fait apparaitre une nuance par rapport à celle que j’imagine en occident avec un homme, qui a l’argent, se paye le corps d’une femme (victime). Mais là-bas, les rôles s’inversent un peu au sens où la misère sexuelle des hommes en font des victimes tandis que les femmes tirent de cette pratique des revenus sans commune mesure à ce à quoi elles prétendraient autrement. Le rapport de force est subtil.

Vous aurez compris ce roman m’a séduit. Connaissez-vous cet auteur? Personnellement, je lirais d’autres romans de lui.


Livrepoche.fr, un livre, une poche…

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