LA TOMBE DES LUCIOLES DE AKIYUKI NOSAKA

La tombe des lucioles de Akiyuki Nosaka…

Le résumé: Avant de devenir le célèbre dessin animé de Takahata Isao, La Tombe des lucioles est une oeuvre magnifique et poignante de l’écrivain Nosaka Akiyuki. L’histoire d’un frère et d’une soeur qui s’aiment et vagabondent dans l’enfer des incendies tandis que la guerre fait rage ; une histoire qui est celle que Nosaka vécut lui-même, âgé de quatorze ans, en juin 1945. Mais Nosaka, c’est aussi un style inimitable, une écriture luxuriante que l’on reconnaît d’abord à son brassage de toutes sortes de voix et de langues. Une prose étonnante, ample, longue, qui réussit à, concentrer en une seule phrase des couleurs, odeurs et dialogues, secouée de mots d’argot, d’expressions crues, d’images quasi insoutenables, qui trouvent ici une beauté poétique et nouvelle.

Sous la poétique d’un titre onirique comme La tombe des lucioles se cache une nouvelle d’une intensité et d’une portée assez rare. Akiyuki Nosaka nous raconte une histoire de guerre, celle de Seita et de sa petite soeur Setsuko.

En réalisant que Akiyuki Nosaka était adolescent (comme son personnage principal Seita) pendant les bombardements de Kobe, on prend conscience de le force de cet oeuvre et de sa notion autobiographique et testimoniale.

On ne peut pas enlever à Akiyuki Nosaka un style particulier. Ce style, je n’ai pas réussi à en dessiner les contours. Je n’en ai pas entendu la musique. Mais, heureusement, cela ne change pas grand chose à la manière dont j’ai reçu La tombe des lucioles, comme une claque!

L’histoire, sous cette forme anodine, sans pathos ni misérabilisme, est d’une telle intensité qu’il est impossible de rester insensible. Et ce sujet trop peu abordé dans les récits de guerre, de ce que sont, de ce que deviennent les civils, les enfants pendant ces périodes troubles est abordé dans La tombe des lucioles.

Akiyuki Nosaka n’épargne pas aux lecteurs toute l’horreur de la guerre et de ses corollaires. Et dans la seconde nouvelle de ce recueil, Les algues d’Amérique, l’auteur traite un autre sujet tout aussi intéressant, bien que moins tragique que La tombe des lucioles, l’après-guerre et l’acceptation de la paix ou comment vivre avec les ennemies du passé.

Pour le lecteur occidental, la perspective de la guerre du point de vue du Japon et des civils ajoute à l’intérêt de La tombe des lucioles mais aussi à son auteur, Akiyuki Nosaka,qui a reçu le Prix Kyoka Izumi 2002.


Livrepoche.fr, un livre, une poche…

10 Comments
    • C’est une lecture forte, à coup sûr, et j’ai beaucoup aimé même si je ne suis pas forcement convaincu par le style!
      Pour le film, je vais combler la lacune de ne pas encore l’avoir vu, rapidement!

    • Pour l’instant C’era, je n’ai pu regarder que la première partie du film et je le trouve très fidèle au texte. Je ne savais pas qu’il y avait une LC, j’aurais pu attendre et la faire avec vous! Une prochaine lecture alors…

    • Salut Wildbook, comme je le dis en réponse à C’era, le film, de ce que j’en ai vu (la 1ere partie) est très fidèle au texte original.

    • Tu verras que la nouvelle est très proche du film d’animation! Tu ne seras pas surpris! Et même plus touché car la lecture ne revêt pas le filtre du dessin (qui crée une certaine distance), la lecture est bien plus réaliste dans les images que l’on se créé dans la tête!

    • Si tu as le film d’animation bien en tête tu risques de retrouver, dans la lecture, les émotions que pendant le film mais comme tu sais ce qui va arriver, ça peut atténuer l’effet! Je ne pourrais te dire car je l ai lu avant de le voir!

N'ayez pas peur de commenter