LA MORT DU ROI TSONGOR DE LAURENT GAUDÉ

La mort du roi Tsongor de Laurent Gaudé…

Prix Goncourt des lycéens 2002

Le résumé de l’éditeur de poche, iciDans une Antiquité imaginaire, le vieux Tsongor, roi de Massaba, souverain d’un empire immense, s’apprête à marier sa fille. Mais au jour des fiançailles, un deuxième prétendant surgit. La guerre éclate : c’est Troie assiégée, c’est Thèbes livrée à la haine. Le monarque s’éteint; son plus jeune fils s’en va parcourir le continent pour édifier sept tombeaux à l’image de ce que fut le vénéré et aussi le haïssable roi Tsongor.
Roman des origines, récit épique et initiatique, le livre de Laurent Gaudé déploie dans une langue enivrante les étendards de la bravoure, la flamboyante beauté des héros, mais aussi l’insidieuse révélation, en eux, de la défaite. Car en chacun doit s’accomplir, de quelque manière, l’apprentissage de la honte.

Premier roman de Laurent Gaudé qui passe entre mes mains, je découvre avec La mort du roi Tsongor, le style de l’auteur. Et j’accroche! Le style simple, évident presque incantatoire va parfaitement avec le souffle épique de cette histoire. Cela ajoute le poids du temps qui a passé, lisses les aspérités des évènements pour ne conserver que l’essence. Comme si Laurent Gaudé avait voulu restituer la tradition orale du conteur.

Laurent Gaudé parvient à nous restituer cette histoire et à nous faire vivre chaque scène avec justesse et comme le disent d’autres bloggers, on retrouve des airs homérique tant dans la structure du roman que dans les descriptions des évènements.

De plus, La mort du roi Tsongor, touche à l’universel sur pas mal de facettes. La guerre, le voyage initiatique, l’héritage, la construction de soi, la fierté et la valeur de l’engagement sont autant d’éléments par lequel il est possible d’aborder ce roman. Et autant d’éléments qui, par miroir, nous amènent à réfléchir sur nos sociétés.

Là où le roman ne m’a pas transporté, c’est sur une sorte de distance imposée par les différents points de vue et qui empêche une quelconque empathie avec tel ou tel personnage. Aucun ne sort du lot pour me donner envie de me mettre dans sa tête, à sa place.

Comme le dit Nathalie dans sa chronique (Un chocolat dans mon roman), un des éléments mis en évidence dans ce roman est la déconstruction du manichéisme de la guerre et son incroyable absurdité. Quand la légitimité est des 2 points de vue que l’affrontement détruit la vie et que la fierté pousse à ne jamais abandonner,  on est en plein dans l’absurde.

À cela, on peut ajouter que ce qui suit toute grandeur, toute puissance que l’on croit infini, cet pensée présomptueuse de supériorité est la décadence.

Alors méfiance!


Livrepoche.fr, un livre, une poche…

8 Comments
  1. J’espère que tu apprécieras cette lecture. Ce que j’aime chez cet auteur c’est la mythologie qu’il semble à ce point maîtriser qu’elle se fond sans ses mots. C’est un style épique qui lui correspond totalement, ce pour quoi j’ai tant aimé son Alexandre le Grand

    • Pour l’instant, au premier quart de cette lecture, je peux déjà dire que j’aime bien son univers et comme tu le soulignes pour Alexandre le Grand, son style épique, va bien avec La mort du roi Tsongor également! Pourvu que ça dure!

  2. Bonjour Nicolas, cet auteur nous réserve souvent de bonnes surprises. Ce roman est dans ma PAL comme bon nombre de ses autres oeuvres… J’ai lu Ouragan qui a été une bonne surprise, Pour seul cortège que j’ai adoré et Le soleil des Scorta qui a été une réelle déception alors que je n’en entendais que du bien… Belle lecture à toi et belle année 2017 🙂

    • Je suis étonné que Le soleil de Scorta t’es déçu! C’est peut-être le lot des livres qui ont eu une très bonne presse à leur sortie et qui finalement ne sont pas aussi bien qu’attendu! Je vais essayer de ne pas avoir d’attente alors car j’ai dans la PAL!
      Bonne année 2017 à toi aussi!

    • C’est souvent le cas quand on attend trop d’un livre… C’est certainement le cas de celui-ci pour moi puisque j’avais vraiment aimé ses précédents opus. Tu as raison de partir sans a priori ! Je viendrai lire ton avis ^^

  3. Je crois que si je devais lire Gaudé, ce ne serait pas avec ce titre-ci. Rien à faire, je n’arrive pas à en avoir envie malgré les bons avis. Je crois que c’est le cadre de l’histoire qui ne parvient pas à m’appâter.
    Alors un autre, comme Ouragan peut-être bien…

    • Choco n’est donc pas parvenu à te convaincre de te lancer dans la lecture de Laurent Gaudé? Comme je m’intéresse de moins en moins au résumé, je ne connais pas les histoires que je débute, ni leur sujet donc je ne me fais pas d’apriori. Je me laisse porter en confiance (au début)! J’ai 2 autres Gaudé dans la PAL mais pas Ouragan, est-il si bon que ça?
      De toute façon, si les 2 Gaudé dans la PAL me plaise, il y a des chances que je lise l’ensemble de son oeuvre!

  4. Pingback: DANS LA NUIT MOZAMBIQUE DE LAURENT GAUDÉ - Livrepoche.fr

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