LA GOUVERNANTE SUÉDOISE DE MARIE SIZUN

La gouvernante suédoise (2016) de Marie Sizun…

Le résumé de Folio«Dans le grand salon, ce matin baigné de soleil, ils sont là tous les trois, Léonard Sèzeneau, sa femme, et elle, Livia, un peu comme trois acteurs sur une scène, encore ignorants de leurs rôles.» 

Qui est Livia, la gouvernante suédoise engagée par Léonard pour seconder sa jeune femme Hulda dans l’éducation de leurs enfants? De la lumière radieuse de Stockholm aux lueurs crépusculaires de Meudon, cette famille va connaître une réussite fulgurante avant le déclin, loin des conventions de la fin du XIXe siècle. Dans ce roman de secrets, d’amours et de fascination mutuelle, Marie Sizun retisse les liens perdus de son étonnante histoire familiale.

Quand je découvre une oeuvre (et une autrice), j’essaye toujours d’avoir ce regard neuf, d’essayer de comprendre le propos, l’objectif de l’auteur. Avec La gouvernante suédoise, j’ai bien compris ce que voulait Marie Sizun et cependant, c’est une déception de lecture. Une déception double.

C’est d’abord stylistiquement que je ne me suis pas retrouvé. la narratrice nous raconte une histoire, une histoire lointaine dans le temps pour elle et, de fait, lointaine pour nous. Marie Sizun n’essaye qu’à peine d’effleurer les sentiments et les motivations des personnages. Jamais on ne peut être en empathie avec les protagonistes. C’est dommage mais justifié car La gouvernante suédoise est une extrapolation de l’histoire familiale de Marie Sizun.

Le réalisme! Marie Sizun ne s’est pas permis de donner des voix intérieures à ses personnages. Elle ne s’est pas permis d’inventer du romanesque à La gouvernante suédoise. Et c’est ce qui m’a manqué! Le récit est plat, sans enjeux, intime oui mais qui devrait rester du domaine du privé.

C’est donc un avis pas très enthousiaste sur ce roman et je e demande ce que Marie Sizun ferait avec une histoire moins personnelle.


Livrepoche.fr, un livre, une poche…

4 Comments
  1. J’ai senti une certaine réserve à dire les sentiments. Mais peut-être que s’agissant de membres de sa famille, ne s’est-elle pas octroyer le droit de les dire vraiment, peut-être que pour elle c’était impossible de pousser trop loin. Dans une fiction, l’auteur peut jouer comme bon lui semble avec les sentiments de ses personnages, ici peut-être (et j’insiste sur le peut-être car après tout je n’en sais rien) était-ce de l’ordre de l’impossible.
    Pour autant, je ne l’ai pas trouvé froide cette histoire. En y réfléchissant par rapport à ce que tu en dis, peut-être un peu distancié (je crois avoir dit « respectueux » dans mon avis) ou réservé.

    Le seul pour qui je n’ai pas ressenti d’empathie de mon côté, c’est Léonard. En fait, j’ai même fini par le trouver assez abject dans son comportement… Et pourtant, il y a peut-être pour lui aussi, une excuse à son comportement (au final, il a dû abandonner ce qui le passionnait suite à son mariage… J’en sais rien :p)

    Quant aux voix intérieures, mis à part Léonard, je trouve qu’on les entend quand même pas mal, celles d’Hulda et Livia. Non? Peut-être parce qu’elles sont femmes, je les ai entendues.

    Est-ce qu’il est plat? Tu mets quoi derrière « plat »? Sans tension, rebondissements, émotions? Nous n’avons pas vécu cette histoire de la même manière alors car j’y ai trouvé de tout cela et même du romanesque et des enjeux. 😉

    C’est marrant de voir de quelle manière est réceptionné un roman en fait. Nous avons ressentis les choses différemment et pourtant, je comprends que cette histoire t’ait déçu.

    On aura presque fait une LC ^^

    • Pour la première partie de ta réponse, on est d’accord, une réserve, un respect a mis une certaine distance.
      En revanche, je pense que tu as du interprété les actions pour en déduire des motivations mais l’auteur ne se met jamais à la place des personnages pour dire qu’il ou elle pense ceci ou cela, qu’il ou elle veut ceci ou cela. Léonard est effectivement un personnage comme tu dis « abject ».
      Et je dis « plat » car il n’y a pas de romanesque, ou pas un romanesque qui m’a pas intéressé. Est-ce parce que je suis un homme? Insensible?

    • Jusqu’à un certain degré, il y a toujours une forme d’interprétation dans nos lectures, non?

      Insensible, je ne saurais dire puisque je ne te connais pas en dehors de nos échanges sur la lecture. Bon ce n’est pas ce qui se dégage de ta personnalité à la lumière de tes avis 😉

      Peut-être qu’être un homme a son influence sur la réception d’une telle histoire, peut-être???

    • En outre, il est certain que nos interprétations selon notre genre doivent varier! La société est ainsi faite qu’il est difficile de ne pas mettre de genre dans l’éducation des enfants! De plus, nos interprétations sont aussi liés à nos lectures récentes et à nos lectures globale également.
      je crois que je fais quand même partie des mâles sensibles, non sans fierté…

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