La Conjuration des imbéciles de John Kennedy Toole

La Conjuration des imbéciles (1980) de John Kennedy Toole, traduit par Jean-Pierre Carasso…

Le résumé de l’éditeur: À trente ans passés, Ignatus vit encore cloîtré chez sa mère, à La Nouvelle-Orléans. Harassée par ses frasques, celle-ci le somme de trouver du travail. C’est sans compter avec sa silhouette éléphantesque et son arrogance bizarre… Chef-d’œuvre de la littérature américaine, La Conjuration des imbéciles offre le génial portrait d’un Don Quichotte yankee inclassable, et culte.

À quoi peut-on définir qu’un roman est culte? Son Succès? Son originalité? L’attention que beaucoup de lecteurs lui portent? Son histoire propre? Je m’attache à être juste dans les termes que j’emploie et « culte » n’est pas le mot que j’emploierai pour La Conjuration des imbéciles de John Kennedy Toole. Cela ne veut pas dire qu’il ne peut pas être génial ou laborieux.

Le destin funeste de son auteur est surement pour beaucoup dans le phénomène autour de La Conjuration des imbéciles. La tradition des poètes maudits tend à créer une aura artistique de génie autour de la mort prématurée des créateurs. Mais passons sur les à-cotés, ce qui compte, c’est le roman.

Très rapidement, j’ai fait un parallèle avec Le dernier Stade de la soif de Frederick Exley. Par plusieurs aspects, ses 2 oeuvres sont proches. Roman unique (2 en fait), narration à la 1ere personne, narrateur en quête de son chef d’oeuvre, critique sociale, humour, part autobiographique, etc. La Conjuration des imbéciles va encore plus loin à mon avis car Ignatius, le narrateur, n’est pas du tout sympathique, il est même hautement détestable. Sa mauvaise foi n’a pas d’équivalent dans le monde. Un vrai plaisir de suivre les échanges odieux qu’il a avec tous. Il s’éloigne car là où Exley nous contait les vicissitudes de sa vie, John Kennedy Toole a écrit un vrai roman. Même si on a l’impression d’une succession de péripéties sans queue ni tête, c’est trompeur car il y a une intrigue, une structure (certes un peu distendue) et une fin. Tout ce qui compose ce roman a un sens.

Si j’ai beaucoup aimé La Conjuration des imbéciles c’est par la rareté des personnages du type d’Ignatius qui, par son regard de biais, à la marge, fait une critique sociale intéressante avec une ton, une voix unique. Ce roman n’en est pas moins bien mené intelligemment.

Incompétent à juger la qualité de la traduction française, il me semble que les différentes voix des personnages sont bien restitués, avec leurs accents, leurs rythmes, leurs personnalités diverses. Dans ces cas là, bien sûr, si votre niveau d’anglais le permet, la lecture en VO me semble se justifier. Chose totalement inenvisageable pour moi.

Je crois qu’il est dispensable de lire le second roman de John Kennedy Toole, La Bible de néon (roman de jeunesse) édité après le succès de La Conjuration des imbéciles. On a beau dire, un éditeur, c’est pas con.


Livrepoche.fr, un livre, une poche…

6 comments to “La Conjuration des imbéciles de John Kennedy Toole”
    • Quand on est pas sur la même longueur d’ondes que l’auteur, autant ne pas insister. Puis là, c’est facile, il n’y a pas d’autres romans à tenter (à part cette oeuvre de jeunesse).

    • C’est simple, beaucoup d’inattention, pas de relecture et une incontestable petite faiblesse dans ce domaine. 😉 Du coup, j’ai fait quelques corrections et s’il y en a d’autres qui piquent vos rétines, n’hésitez pas.
      Merci de votre passage Dave.

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