Carne de Julia Richard

Carne (2020) de Julia Richard…

Le résumé de Les Éditions de l’Homme Sans Nom (HSN): Simon ne va pas bien. D’ailleurs, depuis qu’il s’est mis à vouloir manger de l’humain, les choses ne tournent pas bien rond dans sa tête. Face à une société qui les traite, lui et ses congénères, comme des zombies, il fait de son mieux pour garder sa dignité, s’occuper de sa famille et être professionnel au bureau. Mais comment rester soi-même quand la faim frappe à la porte avec autant de délicatesse qu’un tank sur un champ de mines?
Contraint à gérer son état parasite en maintenant l’illusion de la routine, il décide d’en faire une histoire de famille. Et vous savez ce qu’on dit sur les histoires de famille?
C’est toujours un sacré bordel.
Et si on avait une bonne excuse pour croire à une apocalypse zombie ? Comment réagiraient les populations?
Les gouvernements? Quel impact auraient nos médias?
Comment pourrions-nous être sûrs d’être dans le camp des héros?
Et que feraient ceux à qui on donne le mauvais rôle? La culture de masse nous fait fantasmer les zombies, mais s’ils devenaient notre quotidien, qu’en ferions-nous?

Voila un roman de genre, en l’occurence du genre zombie, qui retourne les codes intelligemment et permet une lecture plus stimulante par son originalité. On a déjà lu et vu 1000 fois des histoires de zombies mais rarement ou jamais en ce qui me concerne avec le point de vue choisi par Julia Richard dans Carne

Je remercie Les éditions de l’Homme Sans Nom (HSN) pour cette découverte car en plus de l’originalité, je découvre une maison d’édition qui soigne son travail par un souci graphique en adéquation avec son oeuvre. La couverture de Carne est hautement dégoutante. 

Pour ce qui est de l’histoire, j’ai l’impression que Julia Richard se lâche totalement. L’humour est omniprésent et dédramatise certaines scènes pouvant être choquantes. L’équilibre se trouve dans l’exagération de tout. Carne est un pur roman de genre, sans limite, et pourtant, il y a un gros travail de structure qui stimule la lecture et fait naviguer le lecteur entre plusieurs moments du récit. Un peu de concentration suffit à ne pas se perdre. Et j’apprécie qu’on me sorte un peu d’une classique linéarité chronologique.

Carne se raconte à la 1ere personne et cela donne un ton personnel, une empathie particulière avec le narrateur. Celui-ci est d’autant plus intéressant que la situation dans lequel il se trouve permet une introspection exacerbée. À travers lui, l’autrice, Julia Richard nous dévoile les travers de nos sociétés, les faux-semblants, la normalité.

Carne est à la fois léger et punchie. Le ton m’a séduit. Je regrette peut-être une fin pas aussi ambitieuse que le reste mais je n’en dis pas plus. À vous de vous faire un avis et m’en donner des nouvelles.


Livrepoche.fr, un livre, une poche…

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