Crash-test de Claro

Crash-test (2015) de Christophe Claro…

Le résumé de l’éditeur: Au commencement était l’accident. Il faut donc procéder à des crash-tests, mettre un mort à la place du mort, étudier la destruction et ses lois. Un homme s’y emploie, jour après jour, jusqu’à la fêlure.
Au commencement était l’accident – puis aussitôt : le sexe. C’est ce qu’elle pense, à chaque fois qu’elle s’avance sur scène, c’est cette pensée qui marche avec elle quand débute son numéro de strip-tease et qu’elle affronte la tribu des pornographes.
La jouissance ? Laquelle ? Il n’en connaît qu’une, pour l’instant : celle qu’il invente dans sa chambre d’ado, à grand renfort de bandes dessinées pour adultes, tandis que dans le salon de famille l’alcool dicte sa loi.
Pris dans les feux croisés d’une violence sociale, ces trois «isolés» forment un trio aux liens instables mais fiévreux. À travers eux, un combat est livré, et peut-être aussi délivré : comment chanter la résistance des corps, leur incandescence ?
Trois personnages sont conviés à cette danse de l’accident. Un homme dans l’horreur des crash-tests. Une strip-teaseuse sous le regard des hommes. Un adolescent ivre de luxure. Le lien qui les unit ? C’est un lien indécidable, une déflagration, une aventure. Qu’éprouvent les corps ? Qui les viole ? Qui les révèle ?
Au commencement était l’accident. Ou la poésie.’’

Lorsque j’ai ouvert les pages de Crash-test et que j’ai vu cette mise en page unique, je me suis dit que c’était l’occasion de lire Claro, cet auteur français que je croyais espagnol.

Le style formel s’appuie sur une prose inventive et inspirée qui nous raconte 3 histoires qui ont pour point commun, le corps. 3 histoires séparées, c’est aussi et forcement un manque d’unité romanesque dans la lecture. J’ai une tendance à considérer un livre (objet comme une entité indivisible). Du coup, pour Crash-test, il me manque un peu plus de liant. C’est dommage car pour le reste, un régal.

Ce roman de Claro mérite qu’on se pose dessus tant il y a de l’audace littéraire. Il bouscule la littérature blanche que l’on connait. Dans Crash-test, Claro donne à lire une vision de la littérature qui vaut le coup d’être découvert et entendu. Une forme de poésie en prose jalonnée intervention graphique. C’est quand on lit un roman comme celui-là (il y en a-t-il d’autre ?), qu’on se rend compte de tout le potentiel créatif des mots, potentiel trop exploré. 

Ces 3 histoires m’ont bien plu, fond et forme, mais c’est à chaque page que j’ai pris du plaisir et pas dans son ensemble. C’est dur à expliquer. En tous cas, 2 des 3 histoires sont plus marquantes et c’est peut-être justement cette 3e qui dilue mon souvenir général. Je crois que définitivement, je préfère la forme du roman à celle de la nouvelle (mais ce ne sont pas des nouvelles).

Dans Crash-test, chaque page est une jouissance littéraire et çà me pousse à lire d’autres romans de Claro, comme celui que j’ai en PAL, Cosmoz par exemple. 

Claro tient un blog assez hétérogène, Le Clavier Cannibale,  que je n’ai pas encore exploré sinon un article ou il parle de son nouveau métier d’éditeur. Très intéressant.


Livrepoche.fr, un livre, une poche…

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