Cadavre exquis d’Agustina Bazterrica

Cadavre exquis (2017) d’Agustina Bazterrica, traduit par Margot Nguyen Béraud…

Le résumé de l’éditeur: Un virus a fait disparaître la quasi-totalité des animaux de la surface de la Terre. Pour pallier la pénurie de viande, des scientifiques ont créé une nouvelle race, à partir de génomes humains, qui servira de bétail pour la consommation. Ce roman est l’histoire d’un homme qui travaille dans un abattoir et ressent un beau jour un trouble pour une femelle de « première génération ». Or, tout contact inapproprié avec ce qui est considéré comme un animal d’élevage est passible de la peine de mort. À l’insu de tous, il va peu à peu la traiter comme un être humain.

Encore une fois (je vais commencer par me méfier), mon beau-père me confie une de ses lectures. Cadavre exquis. L’autrice, Agustina Bazterrica, m’est inconnue. Je ne suis pas contre une lecture dépaysante. Là, on part pour l’Argentine.

Pour le voyage touristique, pour la carte postale, on passera son chemin. Cadavre exquis est une dystopie. Pas de SF, plutôt de l’anticipation mais le traitement du sujet me fait plutôt penser à du contemporain.

Le sujet, parlons-en. Le cannibalisme. Car tout ce roman tourne autour de ça et ce thème prend encore plus de résonance quand on pense au rapport des argentins à la consommation massive de viande.

Agustina Bazterrica aborde le thème assez lourdement je dois dire. Tous les détails du processus inhérent au thème sont évoqués, crument, avec tous les détails provoquant le dégoût. D’ailleurs, il n’y a, à proprement parler, d’intrigue ou d’histoire tant tout ne va que vers le cannibalisme, sa justification sociale, son acceptation psychologique ou non, ses dérives.

Cadavre exquis est une thèse d’anticipation. J’ai accepté le postulat de départ sachant qu’il est tout à fait possible de se passer de viande pour se nourrir. Ce qui m’a ennuyé, en un sens, c’est que le décorum est mis en avant mais pour l’histoire, il n’y a pas beaucoup plus. Le protagoniste fait une tournée. Un évènement l’amène à modifier son point de vue. Ça bouge lentement. Le roman est court, on a pas le temps de s’ennuyer mais il se passe pas grand chose dans Cadavre exquis. D’ailleurs, on s’attend à rien. C’est le côté « contemporain » du roman.

Et la fin arrive. Une chute qui sauve le roman. Lorsqu’on a échangé sur ce roman avec mon beau-père, on a tous les 2 était mitigé sur son traitement et son intérêt mais on est d’accord sur cette fin qui sauve un peu le roman.

Un thème intéressant mais pas très attractif, Agustina Bazterrica ne déborde pas de son thème au point d’en devenir ennuyeuse. Cadavre exquis est un roman dérangeant, c’est sûr, qui nous interroge sur la gestion et la production de viande et sa consommation.


Livrepoche.fr, un livre, une poche…

6 comments to “Cadavre exquis d’Agustina Bazterrica”
  1. ah, tu vas le lire!
    j’en avais pas mal entendu parler y a qqs mois, du coup je l’avais emprunté à ma médiathèque et lu et…
    tu verras bien 😀 je te dirai ce que j’en ai pensé qd tu auras publié ta chro 😉

    • Le sujet est intéressant, c’est certain. C’est une question de société. Encore plus en Argentine. Littérairement, cela aurait pu être moins frontal, plus subtil.

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