Black-out de Connie Willis

Black-out (2010) de Connie Willis, traduit par Joëlle Wintrebert, Prix Nebula meilleur roman 2010, Prix Hugo du meilleur 2011, Prix Locus du meilleur roman de Science-fiction 2011, Blitz première partie…

Le résumé de l’éditeur: Oxford, futur proche. L’université est définitivement dépoussiérée : historien est devenu un métier à haut risque. Car désormais, pour étudier le passé, il faut le vivre. Littéralement.
Michael Davies se prépare pour Pearl Harbor, Merope Ward est aux prises avec une volée d’enfants évacués en 1940, Polly Churchill sera vendeuse en plein coeur du Blitz, et le jeune Colin Templer irait n’importe où, n’importe quand, pour Polly…
Ils seront aux premières loges pour les épisodes les plus fascinants de la Seconde Guerre mondiale. Une aubaine pour des historiens, sauf que les bombes qui tombent sont bien réelles et une mort soudaine les guette à tout moment. Sans parler de ce sentiment grandissant que l’Histoire elle-même est en train de dérailler.
Et si, finalement, il était possible de changer le passé ?

Avec tant de bonnes critiques, tant de Prix prestigieux, je me disais qu’il fallait découvrir la Science-Fiction version Connie Willis. Et c’est fait avec cette première partie de Blitz, Black-out. Je le dis tout de suite, pour les lecteurs intéresser par ce roman, il faut envisager de lire également les 950 pages de All-clear qui est la suite et la fin. Les 2 tomes sont indivisibles et ça, j’aurais aimé que la couverture soit plus explicite à ce sujet. Vous remarquerez qu’il n’est nullement fait mention de « parties » sur cette couverture.

Si Black-out m’avait séduit, cela n’aurait pas eu tant d’importance. Mais ce n’est pas le cas, bien au contraire. Connie Willis a su titiller ma nervosité tant le récit se dilue, interminablement, nourrie par les redondances des réflexions des protagonistes. L’intrigue n’avance pas, jamais. Connie Willis a su rendre ennuyeux une histoire qui se déroule pendant la Seconde Guerre Mondiale, lieu d’une dramaturgie paroxystique, théâtre de 1000 faits extraordinaires, héroïques et lâches, de quoi alimenteront intrigue puissante et prenante. Mais non…

Black-out se nourrit du quotidien mais pas assez finalement car nul doute que le côté documentaire de cette période est intéressant. Le travail de recherche de Connie Willis est indéniable mais ses personnages centraux, eux, perdent vite de l’intérêt. Pendant 650 pages, l’intrigue n’évolue pas.

Je me suis tellement énervé/ennuyé que j’hésite à lire la suite, surtout que j’ai ouïe dire que la fin, attendue, sans panache, sans nouveauté quant à la réflexion sur le voyage dans le temps, ne sauve pas les 1700 pages précédentes.


Livrepoche.fr, un livre, une poche…

17 comments to “Black-out de Connie Willis”
    • Merci Alvin, mais je confesse un recyclage d’une autre photo pour un roman de Thilliez ayant un rapport au temps.

  1. De Willis j’ai lu « Sans parler du chien » et « Le grand livre » sans souvenir vraiment notable. Me reste en PAL: « Les veilleurs du feu » (qui sembla avoir assez bonne presse critique spécialisée à l’époque). Quand les deux tomes de Blitz sont arrivés le poids total m’a fait reculer. Je ne peux en dire plus si ce n’est me souvenir que quelques critiques les avaient jugés très bavards et d’autres essentiels.
    Il y a, si je me souviens bien un prix quelconque au-dessus d’un des deux tomes (voir les deux) mais ce n’est pas toujours un critère de qualité.

    • Je viens de lire une critique qui se pose la question de savoir si nous avons affaire à un roman de SF ou à un roman généraliste. N’ayant pas lu je ne peux pas me prononcer si ce n’est que je doute que sur autant de pages l’auteure ai pu échapper aux digressions.

    • J’ai envie de te dire : recule, recule!
      Ce sont les 2 tomes (formant 1 seul roman) qui ont eu tous ses prix. Vraiment surprenant.
      Ce ne peux pas être généraliste vu qu’il y a le retour dans le temps mais c’est de la soft SF avec une très grand part historique. Mais comme les personnages ne sont mus que par trouver le moyen de rentrer, le décalage (avec le pur historique) est omniprésent.
      Tu parles de « digression » mais ce n’est même pas le cas. C’est de la narration sans ellipse ou presque, scolaire mais il y a peut-être des choses qui m’échappent vu que je n’ai pas l’entièreté de l’oeuvre. Dans tous les cas, Connie Willis ne montre pas un grand talent pour stimuler ce récit qui s’essouffle rapidement.

  2. Qu’un roman remporte plein de prix ne veut rien dire… tout est affaire de goût.
    J’ai été déçue plus d’une fois par des romans avec pleins de prix..je les referme en me disant  » c’est franchement bof! » 😀

    • Le pb semble être le fait que Blitz plait ou déçoit sans demi-mesure. Tout provient de ce que l’on va y chercher: Sf ou pleinement document historique. Le trop plein du second noie la première. Je me trompe, Nicolas ?

    • C’est pas tout à fait ça Alvin. En fait, c’est plutôt (pas facile d’être clair) du côté de l’intérêt des ressorts dramatiques des intrigues, mais surtout leur dilution. Par exemple, l’une des narratrices (sur 3) se retrouve coincé pour cause de quarantaine dans une maison de maître avec les enfants a évacué et ça dure tellement, elle se demande 50 fois comment sortir, si l’équipe de récupération de son époque va venir la récupérer, mais non… Tout ça prend une place énorme mais n’a strictement aucun intérêt point de vue de l’intrigue et du point de vue historique, cela aurait été aussi bon en 1 page. Je parle peut-être de 50 pages voir plus.
      En fait, cette partie aurait été très bonne mais avec beaucoup de tri.

    • C’est clair que sur la carte de visite (couverture), ça en jette. J’ai jamais trop suivi les Prix littéraire, encore moins les Prix de genre.

    • Pareil, d’autant que j’ai toujours une grande défiance quand aux électeurs. Même les Prix public sont victimes d’un effet de masse.

  3. Oui pour le prix Hugo : c’était le plus prestigieux, mais il subit depuis plus de 10 ans des phénomènes d’inscriptions en masse de lecteurs votants pour influer sur le prix pour des raisons politiques (dans un sens comme dans l’autre, militants progressistes versus conservateurs par exemple).

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