AMERICANAH DE CHIMAMANDA NGOZI ADICHIE

Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie par Livrepoche.fr

Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie…

Le résumé de l’éditeur de poche, Folio:

«En descendant de l’avion à Lagos, j’ai eu l’impression d’avoir cessé d’être noire.»

Ifemelu quitte le Nigeria pour aller faire ses études à Philadelphie. Elle laisse derrière elle son grand amour, Obinze, éternel admirateur de l’Amérique, qui compte bien la rejoindre. Mais comment rester soi lorsqu’on change de pays, et lorsque la couleur de votre peau prend un sens et une importance que vous ne lui aviez jamais donnés?

De son ton irrévérencieux, Chimamanda Ngozi Adichie fait valser le politiquement correct et nous offre une grande histoire d’amour, parcourant trois continents d’un pas vif et puissant.

En commençant la lecture de ce roman (déjà auréolé d’une belle réputation), je savais me lancer dans un morceau d’Afrique. J’entrevoyais déjà le champ des possibles, la grande ouverture des portes vers ce continent trop méconnu en littérature. Je sais que je généralise en parlant de l’Afrique et non du Nigéria et il faut y voir une lacune de ma part, trop peu curieux de la place de la littérature dans ce continent pour être plus focalisé sur tel ou tel pays.

Americanah, c’est donc du Nigéria qu’il est question. Du Nigéria et de sa jeunesse en pleine construction basé sur des valeurs qui se situe au-delà du pays, principalement aux États-Unis.

Ce roman, c’est un beau morceau de Nigéria de 680 pages qui explore un spectre assez large de notions sur l’africanité, sur la négritude, sur le passage à l’âge adulte, etc… Et ça fait du bien. Ça fait du bien d’entendre le discours de Chimamanda Ngozi Adichie à travers son héroïne, sur le racisme et la notion de « race »  et qui dépasse le simple « raciste » ou non! Sur la perception de sa position dans la société en fonction de sa couleur de peau et du lieu où l’on se trouve.

Si le ton de Chimamanda Ngozi Adichie est assez conférentiel voir professoral, c’est plutôt bien intégré à l’histoire. Americanah, c’est une galerie de portraits stéréotypés d’une jeunesse Nigériane favorisée qui rêvent d’ailleurs. L’utilisation d’archétypes dimensionne le roman à une plus grande échelle et le rend possiblement fondamental. Il balaye l’ensemble de la variété des comportements et des variantes et nous les délivre finement en peignant des caractères marqués.

Là où je m’attendais au roman Nigérian ultime, couvrant la totalité des problématiques du pays (oui oui, je suis optimiste de nature), j’ai été un peu déçu que ce ne soit pas le cas. Dans Americanah, Chimamanda Ngozi Adichie n’aborde vraiment que la jeunesse ayant les moyens de s’extraire d’un destin nigérian autrement plus sombre, dont les rêves occidentaux, s’ils ne sont pas aisés, restent très réalisables.

Si le sujet nigérian n’est pas traité dans son ensemble comme je l’imaginais, il n’en reste pas moins que la focalisation de l’auteure est très pertinente et nul doute qu’elle doit le connaître à fond, ce point de vue. Americanah, c’est le néologisme qui identifie ceux qui rentrent au pays après une période plus ou moins longue d’expatriation. Et le regard qu’ils posent sur l’Afrique qu’ils ont laissé derrière eux, sur le pays qui ne les attend pas pour se transformer, pour muter est criant de vérités.

Americanah est un roman nécessaire. Chimamanda Ngozi Adichie use d’une certaine subtilité à saupoudrer de vrai cette histoire d’amour sur fond de couleur de peau et de coiffure afro. Si elle expose très bien sa réflexion, elle oubli un peu l’émotionnel à mon goût. J’ai trop vu l’auteure derrière le personnage.

N’aurait-il pas fallu s’éloigner plus encore du récit au contenu autobiographique pour aller vers plus de dépersonnalisation?

Une phrase extraite d’Americanah explique peut-être le but recherché par Chimamanda Ngozi Adichie.

« Il est tellement honnête, le livre le plus honnête que j’aie lu à propos de l’Afrique. »

En tout cas, c’est de cette manière que j’ai lu Americanah!

Livrepoche.fr, un livre, une poche…

10 Comments
    • Heureux que ce soit le cas! D’autant plus intéressant qu’il est assez rare qu’une auteure africaine (nigériane) soit mise en avant!

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