45° à l’ombre de Simenon

45° à l’ombre (1936) de Simenon…

Le résumé de l’éditeur de poche, ici: Le docteur Donadieu, médecin de bord, observe les passagers de l’Aquitaine qui s’agitent sous le soleil africain : Lachaux, qui prédit toujours les pires catastrophes, Bassot, le fou enfermé dans sa cabine, la coquette madame Dassonville, Huret, injustement accusé de vol…
Les drames se nouent, les passions s’exacerbent et le mercure continue à monter.

Avec 45° à l’ombre, je retrouve le Simenon colonialiste qui prend pour sujet les expatriés en Afrique, comme dans Le coup de lune et Quartier nègre. Là, son sujet se situe dans un paquebot qui circule entre le Congo et la France. À travers le regard du médecin de bord, on suit ce moment où le bateau rentre en France, avec sa faune hétéroclite de passagers.

En excusant Simenon pour lequel dans lequel il évolue, je passe sur le traitement des classes sociales, très segmentées, et des étrangers, « nègres », « chinois » et « arabes », traités comme des masses impersonnelles. ceci dit, Simenon traite les 2e et 3e classes de la même manière.

45° à l’ombre, c’est surtout une histoire de 1re classe, une histoire de privilégiés qui a été confrontés à une Afrique qu’ils se sont appropriés, qu’ils ont exploités, pour s’y enrichir ou pour s’y perdre.

Dans le temps court et défini de ce retour, Simenon dresse des portraits d’hommes et de femmes avec la justesse et la simplicité qui lui est propre. Et à mesure que la température descend, que le paquebot approche de la métropole, les caractères de chacun se dévoile, des vies fêlées, brisées ou fatiguées. C’est la richesse de 45° à l’ombre car il n’y a pas à proprement parler d’histoires, Simenon fait plutôt dans la chronique colonialiste.

Ce que je retiendrais surtout, c’est la peinture d’une époque, des fragments de vies qui se mélangent pour un temps, dans une parenthèse sous forme de croisière, des trajectoires qui suivent un moment des lignes parallèles.


Livrepoche.fr, un livre, une poche…

4 comments to “45° à l’ombre de Simenon”
    • Non, c’est vraiment ce que j’ai ressenti de ton billet: des vies un temps accrochées les unes aux autres. C’est ce qui m’intéresse, et c’est pour çà que je lirai l’ouvrage.

N'ayez pas peur de commenter