Ouragan de Laurent Gaudé

Ouragan (2010) de Laurent Gaudé…

Le résumé de l’éditeur: Au coeur de la tempête qui dévaste la Nouvelle-Orléans, dans un saisissant décor d’apocalypse, quelques personnages affrontent la fureur des éléments, mais aussi leur propre nuit intérieure. Un saisissant choral romanesque qui résonne comme le cri de la ville abandonnée à son sort, la plainte des sacrifiés, le chant des rescapés.

En règle générale, le style de Laurent Gaudé fonctionne bien avec moi  ça même s’il est pas dans un thème antique, il me semble qu’il évoque toujours (de façon directe ou indirecte) les mythes anciens, les fantômes des traditions où les puissances mystiques. Ouragan se déroule durant la tempête Katrina, à la Nouvelle Orléans, et cette promesse d’évènements paroxystiques m’alléchait.

A contrario de la narration « relaie » dont je parle dans Seules les bêtes de Colin Niel, Ouragan est un roman chorale. Plusieurs personnages donnent leur voix avec des caractères qui pourraient être des archétypes : la centenaire, le prisonnier, le prêtre, les amoureux, l’enfant égaré… Rassurez-vous, Laurent Gaudé est plus fin que ça quand il s’agit de dresser des vies et des destins.

Il y a 2 points qui me chagrinent dans Ouragan et la première est que je n’ai jamais senti l’intensité de la tempête. Pas d’oppression, pas d’angoisse. Ce passage est vite évacué. La montée des eaux est mieux rendue mais avec un auteur de l’épure qui se concentre sur l’homme, il ne reste que peu de place pour le reste, l’environnement par exemple.

La seconde chose qui m’a gêné, c’est (classique pour un roman chorale) les rencontres, les croisements des personnages qui, pour le coup, m’a semblé très romanesque, très exagéré et Laurent Gaudé aurait pu éviter une dramaturgie facile pour un auteur de ce calibre. J’avoue, je suis exigent car ce roman se lit très bien et peut-être les défauts que je soulève n’en sont pas pour d’autres lecteurs.


Livrepoche.fr, un livre, une poche…

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