Florida d’Olivier Bourdeaut

Florida (2021) d’Olivier Bourdeaut…

Le résumé de l’éditeur: Ma mère s’emmerdait, elle m’a transformée en poupée. Elle a joué avec sa poupée pendant quelques années et la poupée en a eu assez. Elle s’est vengée.

J’espère que le nom de cet auteur ne vous est pas inconnu. Si, rappelez-vous, celui qui a écrit En attendant Bojangles. Olivier Bourdeaut. Il revient en 2021 avec Florida. La couverture mettant en scène une little miss, annonce le thème du livre.

J’avais beaucoup aimé En attendant Bojangles, surtout la folie douce des parents du narrateur. Ici, on retrouve une nouvelle fois un regard d’enfant. Portrait au vitriol d’une jeunesse gâchée. Florida me fait l’effet d’être un roman plus brutal, plus cru, plus charnel, plus viscéral que l’autre. J’ai énormément aimé ce qu’Olivier Bourdeaut a développé dans cette histoire sans filtre. Tendu comme un polar par l’objectif de son héroïne, on s’attend à tout, au pire, surtout eu égard le traumatisme que peuvent créer ces concours de little miss sur des enfants, poussé par des parents, des mères qui tronquent des repères, des bases nécessaires pour grandir.

Roman du corps, Florida explore toutes les nuances de la perception de soi, perception toujours biaisé par le prisme d’un regard qui n’a pas grandit normalement et qui se fit à celui des autres. Olivier Bourdeaut développe cette idée jusqu’au malaise. C’est très bien trouvé pour l’intérêt de la lecture de Florida, d’autant que ça se double avec une relation mère/fille savoureuse.

Je préfère Florida car il arpente le territoire frontière des gens normaux, les monstres du quotidien, les obsessionnels pris dans leur manies. Et j’aime cette marge-là.

Florida est donc un très bon moment, complet, aboutie dans l’exploration de ce thème jusqu’à une chute, une fin réussie.


Livrepoche.fr, un livre, une poche…

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