Atmore Alabama d’Alexandre Civico

Atmore Alabama (2019) d’Alexandre Civico…

Le résumé de l’éditeur: Lorsqu’il atterrit en Floride, il sait exactement où sa voiture de location doit le mener : Atmore, bourgade paumée au fin fond de l ’Alabama. Il s’installe chez l’habitant, instaure un semblant de routine et rencontre une jeune Mexicaine désespérée. Un lien naît entre lui, l’étranger que l’on devine ravagé par la douleur, et cette fille à la dérive, noyée dans la drogue. Que vient chercher ce Français au royaume des rednecks, de l’ennui et des armes à feu ? Rien ne paraît l’intéresser sinon la prison, à l’écart de la ville, autour de laquelle il ne peut s’empêcher d’aller rôder…
Ce roman de la chute, noir, dense, invoque dans un même surgissement le décor d’une Amérique qui s’est perdue et le saccage intérieur d’un homme qui ne sait plus comment vivre.

Dire petit roman est réducteur, je préfère dire court roman pour qualifier Atmore Alabama d’Alexandre Civico. Cet auteur français nous donne en quelques 150 pages, tout un univers habité de personnes attachantes et écorchés, comme le narrateur.

Dans la grande veine des romans noirs à l’ambiance poisseuse, Atmore Alabama nous plonge dans une ville mais surtout nous fait rencontrer ses habitants. Je suis souvent un peu gêné quand les auteurs français parlent des USA car il me semble y voir que les fantasmes, les caricatures, les clichés que moi-même je partage. Mais Alexandre Civico évite cet écueil et c’est peut-être parce que son personnage principal est français. Cela ne compte pas dans l’histoire mais ça joue sûrement sur l’immersion qu’on peut avoir.

Atmore Alabama est un roman simple mais qui fonctionne bien. Sans appuyer lourdement, Alexandre Civico laisse planer une tension, celle du drame à venir dont la forme se précise tout doucement et n’est pas celle qu’on attend. Et j’ai aimé cette humanité qui se dégage des personnages, les non-dits qui en disent long, la solitude qui accompagne chacun. 

C’est donc une très bonne surprise que cette lecture d’Atmore Alabama et je me laisserai tenter par un autre Alexandre Civico, quoique, je ne sais pas ce qu’il a écrit d’autre.


Livrepoche.fr, un livre, une poche…

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