SPINOZA ENCULE HEGEL DE JEAN-BERNARD POUY

spinoza encule hegel de Jean-Bernard Pouy par Livrepoche.fr

Spinoza encule Hegel est un petit ovni littéraire anarcho-soixante-huitard de Jean-Bernard Pouy dont l’intérêt, je trouve va bien au-delà de la simple histoire post-apocalyptique que l’auteur nous conte.

Le résumé de l’éditeur de poche, ici :

«Moi,
Julius,
Commandeur
du groupe crash le plus honni
par le peuple saumâtre des hégéliens,
n’ai que des ennemis.
Et mon pire ennemi,
je lui souhaite la pire des choses.
Moral car prévisible.
Quand il sera au bout de mon P. 38,
j’appuierai sur la détente.
Mes bottes de lézard mauve
vont tremper dans du sang esthétique.
Normal car spinoziste.»

Né en 1978, je n’ai pas la culture pour percevoir toutes les allusions ou les références que Jean-Bernard Pouy use mais nul doute que cela enrichi la lecture et ajoute une dimension supplémentaire non négligeable. Néanmoins, Spinoza encule Hegel est assez riche et ouvert pour plaire également à une génération n’ayant pas connue la richesse intellectuelle de cette période. Depuis, notre degré de civilisation ne fait que péricliter et l’ultra-connectivité n’y change rien.

Je souhaiterai avoir le temps d’approfondir mes lectures, les contextualiser afin de profiter au maximum du nouveau champ que chacune propose mais le temps manque.

Pour Spinoza encule Hegel (ce titre est un vrai régal), au-delà de l’histoire brute, brutale, basique, je perçois l’odeur d’un temps culturel et philosophique, l’odeur de l’extrême-gauche, l’odeur des utopies possibles. C’est ce que je perçois du contexte.

Mais l’histoire de Spinoza encule Hegel est une vision moins optimiste de la révolution, mais tellement plus réaliste. Ce roman est une projection ultra-brutale et intransigeante du débat philosophique devenant un vrai combat à mort à travers la France entre deux bandes d’enragés décidant de s’exterminer à coups de P38 et de Smith & Wesson.

Jean-Bernard Pouy laisse penser que l’Humanité est incapable de transcender sa condition pour parvenir à la réalisations des utopies qu’elle imagine.

Ambigüe sur le fond, Spinoza encule Hegel est un roman très original dont la langue est empreinte de l’univers soixante-huitard et se laisse dévorer le temps d’une pose nihiliste, révolutionnaire, salutaire.

Livrepoche.fr, un livre, une poche…

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