OÙ ON VA, PAPA? DE JEAN-LOUIS FOURNIER

Où on va, papa? (2008) de Jean-Louis Fournier…

Le résumé de l’éditeur, ici: Jusqu’à ce jour, je n’ai jamais parlé de mes deux garçons. Pourquoi ? J’avais honte ? Peur qu’on me plaigne ? Tout cela un peu mélangé. Je crois, surtout, que c’était pour échapper à la question terrible : « Qu’est-ce qu’ils font ? » 
Aujourd’hui que le temps presse, que la fin du monde est proche et que je suis de plus en plus biodégradable, j’ai décidé de leur écrire un livre. 
Pour qu’on ne les oublie pas, qu’il ne reste pas d’eux seulement une photo sur une carte d’invalidité. Peut-être pour dire mes remords. Je n’ai pas été un très bon père. Souvent, je ne les supportais pas. Avec eux, il fallait une patience d’ange, et je ne suis pas un ange. 
Quand on parle des enfants handicapés, on prend un air de circonstance, comme quand on parle d’une catastrophe. Pour une fois, je voudrais essayer de parler d’eux avec le sourire. Ils m’ont fait rire avec leurs bêtises, et pas toujours involontairement. 
Grâce à eux, j’ai eu des avantages sur les parents d’enfants normaux. Je n’ai pas eu de soucis avec leurs études ni leur orientation professionnelle. Nous n’avons pas eu à hésiter entre filière scientifique et filière littéraire. Pas eu à nous inquiéter de savoir ce qu’ils feraient plus tard, on a su rapidement que ce serait : rien. 
Et surtout, pendant de nombreuses années, j’ai bénéficié d’une vignette automobile gratuite. Grâce à eux, j’ai pu rouler dans des grosses voitures américaines. Jean-Louis Fournier

Pas roman, mais pas forcement un récit non plus, Où on va, papa? est un texte très personnel de Jean-Louis Fournier, durement frappé par le handicap de 2 de ses enfants. Difficile  de jauger d’un texte sans être totalement certain de la sincérité de l’auteur mais sans faire de psychologie, je vais considérer ce texte comme honnête.

Ce n’est d’ailleurs pas le propos de Jean-Louis Fournier dont j’ai envie de parler, cela lui appartient. Le ton qu’il emploie peut choquer certains lecteurs, d’autres y verront un système de défense face à la dureté de la situation au quotidien. Considérant que l’humour est dans l’ADN de Jean-Louis Fournier, je pense donc comme naturel cet état d’esprit.

Ce qui m’a gêné dans Où on va, papa? c’est la stylisation dramaturgie qu’en a fait Jean-Louis Fournier dans pas mal de chapitres. Il raconte les possibles, les rêves de ce qu’il aurait pu faire avec ses enfants et conclue avec une dernière phrase fataliste où cela lui est interdit. Il surajoute au drame alors qu’il ne me semble pas que cela soit nécessaire.

De plus, c’est ici, le récit d’un père genre ancienne génération, pas forcement très présent au quotidien et peut-être même encore moins présent à cause de la situation. Où on va, papa? est à mettre en parallèle avec ce qu’en a vécu la maman, et elle répond ce texte par le biais du site internet, La maman de Matthieu et Thomas


Livrepoche.fr, un livre, une poche…

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