Meurtres pour rédemption de Karine Giébel

Meurtres pour rédemption (2006) de Karine Giébel…

Le résumé de l’éditeur de poche: Marianne, vingt ans. Les barreaux comme seul horizon. Perpétuité pour cette meurtrière.
Indomptable, incontrôlable, Marianne se dresse contre la haine, la brutalité et les humiliations quotidiennes.
Aucun espoir de fuir cet enfer, ou seulement en rêve, grâce à la drogue, aux livres, au roulis des trains qui emporte l’esprit au-delà des grilles. Grâce à l’amitié et à la passion qui portent la lumière au cœur des ténèbres.
Pourtant, un jour, une porte s’ouvre. Une chance de liberté.
Mais le prix à payer est terrifiant pour Marianne qui n’aspire qu’à la rédemption…

Parfois 1000 pages semblent long. Parfois non. Avec Meurtres pour rédemption, je peux dire qu’il n’est pas long à lire. Le style de Karine Giébel qui favorise beaucoup le dialogue, y est pour beaucoup. Les pages défilent. C’est incontestable. de plus, l’histoire nous accroche. Mais dans mon cas, il y a eu plusieurs phases.

C’est d’abord les 100-150 premières pages qui m’ont enthousiasmé. J’ai beaucoup aimé Marianne, ses folies, la découvrir dans ses tourments, ses souffrances. Surtout qu’on la découvre déjà pas mal amochée. Puis les situations ont commencé à se doubler, se tripler. En gros, Meurtres pour rédemption tourne en rond. Arrivé à la moitié (soit 500 pages), je me suis dit que Karine Giébel avait écrit un huis-clos ultime et que les pistes de changement évoquées étaient de fausses pistes. Ça devenait long.

Puis enfin, le changement d’air. Il était temps. Mais le nouveau souffle retombe de nouveau dans les répétitions des scènes déjà lues. J’en venais à penser que l’intelligence de Marianne n’était pas crédible.

Meurtres pour rédemption, sur les 150 dernières pages prend un rythme plus classique et enthousiasmant. Un certain lyrisme se dégage et Karine Giébel fait montre d’une force tragique indiscutable. À posteriori, je ne trouve toujours pas de justification à ses répétitions et je maintiens que ce roman aurait pu être 2 fois moins long sans perdre sa force, au contraire.

J’ai pourtant bien aimé le style développé par Karine Giébel. Les phrases hachées, amputées de certaines parties donnent du rythme et ajoute une forme de rudesse, de brutalité à l’atmosphère. Et ça colle bien. Je ne sais pas bien pour quelle raison mais ne pas comprendre le but de ses longueurs (il y a forcément un but) me travaille. Je me demande même si je ne vais pas contacter Karine Giébel pour avoir son éclairage sur ce point.

Meurtres pour rédemption plaît beaucoup. Pas mal de lecteurs le considèrent comme son meilleur. Et si vous ne butez pas comme moi sur les redondances, nul doute que vous serez emporté par ce roman puissant, fort, d’un noir profond, assurément pessimiste, incontestablement romantique.

Dites moi ce que vous en avez pensé?


Livrepoche.fr, un livre, une poche…

19 comments to “Meurtres pour rédemption de Karine Giébel”
    • Ça commence à dater ça. Il m’a fait peur un temps aussi puis je me suis un peu lancé sans trop réfléchir. Une fois que c’est commencé, obligé d’aller au bout.
      Pourtant, il me semble que tu aimes beaucoup Giébel, non?

    • Je croyais que tu en avais lu avant. Je n’en suis qu’au premier tiers. Ce que je peux en dire c’est que ça part très bien. C’est très intéressant mais là, ça commence à tourner en rond et j’attends impatiemment un évènement (annoncée) qui va relancer l’histoire.

    • Tu peux te lancer. C’est un 1000 pages avec un ressenti de 700 (si on tiens pas compte de la subjectivité des redondances).

  1. Sous votre double impulsion commune, autour d’une auteure que je ne connais pas, j’ai récemment mis la main chanceuse sur « Satan était un ange ». Connaissez-vous ? Premier constat en le feuilletant: effectivement beaucoup de dialogues sous 370 pages raisonnables. Deuxième constat: pitch intriguant. Je tenterai l’aventure.

  2. C’est presque le seul livre que je n’ai pas lu de l’auteur, surtout à cause de son nombre de pages, mas je lis tellement de choses positifs dessus qu’il serait temps que je me lance. J’adore son style grâce auquel je rentre immédiatement dans les scénarios parfois glaçants de Karine Giebel et les redondances ne me font pas vraiment peur.

    • La longueur ne devrait pas te rebuter. Et à part les répétitions que je soulignes, ce roman a un scénario diaboliquement efficace. Lequel est ton préféré de Giébel alors?

    • J’hésite entre Juste une ombre et Jusqu’à ce que la mort nous unisse. En tout cas, je suis bien plus convaincue par ses plus anciennes parutions par rapport aux récentes comme De force ou Satan était un ange.

    • Beaucoup ont adoré. Il y a des chances que tu ne t’en rendes pas compte quand tu le liras (tu auras oublier mon avis).

  3. Mon préféré de l’autrice. Tu le sais. Mon 1er et le plus marquant par le contenu et l’émotion finale.
    Ce n’est pas dans ce roman que j’ai trouvé de la redondance, plutôt dans ce leitmotiv de l’absence de rédemption dans les romans de l’autrice. A force, ça enlève beaucoup à la puissance de mes lectures. A croire qu’aucun espoir n’est permis pour ses personnages principaux. J’attends d’être surprise.

    (ceci dit, cela n’enlève rien à l’efficacité des titres lus qui ont suivi cet excellent Meurtres pour rédemption)

    • C’est un peu le problème avec les auteurs qui gardent des thématiques d’un livre à un autre. On voit les similitudes. Je n’ai lu que 2 romans d’elle et il y a déjà des similitudes.

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