LE LIÈVRE DE VATANEN DE ARTO PAASILINNA

Le lièvre de Vatanen de Arto Paasilinna par Livrepoche.fr

Le lièvre de Vatanen de Arto Paasilinna…

Et dire que je pensais que Le lièvre de Vatanen de Arto Paasilinna était une nouveauté ! Quelle surprise de voir qu’il est plus vieux que moi. J’ai l’impression que c’est le genre de livre qui traverse le temps avec une aisance insolente. Et c’est pas le style de l’auteur qui trahirait l’époque de l’écriture. La lecture de ce roman est très agréable, les chapitres suffisamment court pour laisser aux lecteurs une sorte de respiration, il y a peu d’éléments temporel permettant une situation temporelle et de fait, formellement, Le lièvre de Vatanen s’extrait de son époque, de son contexte pour se rendre plus accessible, à tout le monde, de tout temps. J’ai tout de même trouvé une certaine inégalité dans le rythme mais justement parce qu’il y a du rythme.

le résumé de l’éditeur de poche, iciVatanen est journaliste à Helsinki. Alors qu’il revient de la campagne, un dimanche soir de juin, avec un ami, ce dernier heurte un lièvre sur la route. Vatanen descend de voiture et s’enfonce dans les fourrés. Il récupère le lièvre blessé, lui fabrique une grossière attelle et s’enfonce délibérement dans la nature.
Ce roman-culte dans les pays nordiques conte les multiples et extravagantes aventures de Vatanen remontant au fil des saisons vers le cercle polaire avec son lièvre fétiche en guise de sésame. Il invente un genre : le roman d’humour écologique.

La légèreté du texte à la lecture est un peu trompeuse si l’on s’attend à une légèreté de fond. La 4e de couverture en ajoute sur l’intention a mettre dans la lecture, à tort. Là où je m’attendais à une lecture légère et humoristique (le roman d’humour écologique de la 4e de couverture), j’ai été déçu car je n’ai pas ri. Tout juste souri et encore. J’y ai surtout senti, sous la plume, plus de gravité et de pessimisme quant à l’humanité. Un tel décalage vient-il de moi uniquement ? De toute façon, il faut vraiment que je ne lise plus les dos des bouquins qui ne sont que des accroches publicitaires.

Comme Vatanen, le personnage principal, on fait son bout de chemin, sans se soucier, ou plutôt en se souciant d’éviter la société des humains, ses congénères. Arto Paasilinna nous raconte un vrai retour à la nature. Le lièvre de Vatanen, c’est l’histoire d’une rencontre qui bouleverse une vie (si loin choisi de suivre l’instinct, cette inclination à être nous-même. Et cette rencontre, c’est un lièvre percuté sur la route qui se blesse et c’est la bascule ! Le point de pivot qui pousse vers sa nature plutôt que sa raison (ce qu’on appelle la raison commune).

Dans Le lièvre de Vatanen, Arto Paasilinna fait subtilement passer son message d’amoureux de la nature, mais la nature dans son entièreté, dans sa brutalité, dans sa rudesse, dans sa magnificence. Et je n’y vois pas d’écologie tel qu’on l’entend mais une réflexion sur l’homme animal, l’homme sauvage (contre l’homme domestique).

Et l’homme sauvage, selon Arto Paasilinna, c’est celui qui protège sa troupe, sa meute (le lièvre, etc…) et, si besoin, tue sans scrupule, coupe des arbres pour faire un feu (pas très écolo du coup) et autres nécessités. S’affranchir de la société ankylosée des hommes et de sa folie devient vital pour Vatanen, le héros et, peu à peu, il s’en éloigne pour se construire férocement une humanité en harmonie avec la Nature jusqu’à…

C’est à chaque lecteur de trouver l’animalité qu’il a en lui !

Livrepoche.fr, un livre, une poche…

7 Comments
    • Je suis pas loin de la fin ! Je réserve mon avis… En tout cas, c’est un livre qui se lit très bien, il est agréable. Tu as lu beaucoup de romans de Arto Paasilinna?

    • Ah, je vous que tu as fini ta lecture. Concernant le côté humoristique, je partage ton point de vue, c’est mal le vendre, à mon sens. D’ailleurs, je ne me souvenais pas qu’on nous le présentait comme ça. Après, je pense que les termes de fable écologique sont assez venues en ce moment, métis c’est sur que du on s’attend à un type qui fait du recyclage, on va être déçu aussi…
      Je n’en ai pas lu tant que ça, non. Un qui s’appelle Sang Chaud, nerfs d’acier et un autre avec empoisonner dans le titre (j’ai une mémoire de poisson rouge pour les titres, c’est assez incroyable). Et j’ai Petits suicides entre amis qui attend sagement que je lui accorde du temps.

    • En lisant vite fait les commentaires sur le biblio de Livraddict, je commençais à me demander si j’étais passé à côté de l’humour finlandais ! Merci de me rassurer !

      J’ai bien aimé le style de l’auteur, je vais donc poursuivre quelques romans avec lui.

      Avec les correcteurs d’orthographes de portable automatiques on perd plus de temps à relire que ce qu’on gagne !

  1. J’aime bien ta réflexion sur les quatrièmes de couverture. Mais je ne sais pas si j’aurais le « courage » de ne plus les lire. Cela doit être intéressant d’essayer de lire un livre sans avoir lu aucun résumé, voire sans avoir vu la couverture (soyons fous !). A tenter ! 😉

    • En réservant ça à un auteur qu’on connait et en qui on a confiance, c’est à peu près ce que je fais…
      Mais pour un inconnu ?
      Les 4e de couverture sont vraiment trop enthousiaste et souvent génère de l’enthousiasme à la vente et de la déception à la lecture. Et je trouve que c’est souvent le cas avec des auteurs récents a qui on colle des intentions ou des qualités qu’ils n’ont pas.

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