L’ORANGERAIE DE LARRY TREMBLAY

L'orangeraie de Larry Tremblay par Livrepoche.fr

L’orangeraie de Larry Tremblay…

Le résumé de l’éditeur de poche, FolioLes jumeaux Amed et Aziz auraient pu vivre paisiblement à l’ombre des orangers. Mais un obus traverse le ciel, tuant leurs grands-parents. La guerre s’empare de leur enfance. Un des chefs de la région vient demander à leur père de sacrifier un de ses fils pour le bien de la communauté. Comment faire ce choix impossible?
Conte moral, fable politique, L’orangeraie maintient la tension jusqu’au bout. Un texte à la fois actuel et hors du temps qui possède la force brute des grandes tragédies.

Avec ce genre de roman qui a tous les éléments pour me plaire (sa taille, son style, son sujet, ses prix et distinctions) j’avais peur d’être comme pris en otage émotionnellement par l’auteur Larry Tremblay. Mais cela n’est pas arriver et c’est tant mieux.

Prix des libraires du Québec 2014 et Prix littéraire des collégiens 2015, Larry Tremblay séduit.

Dans un style simple, allégé, épuré, L’orangeraie, pour une grande partie, est un conte, une fable touchante. L’absence de marqueur temporel et géographique confère à l’histoire un niveau qui touche à l’universel. Sans jugement, l’auteur nous raconte ce moment de poésie tragique, ces moments où la fatalité s’abat sur les personnages, ces moments où chacun embrasse son destin et tisse son propre drame.

Et j’ai aimé me trouver dans ce lieu hors du temps, parmi la magie d’une orangeraie en plein désert. J’ai aimé la relation de ces 2 frères jumeaux. J’ai aimé la neutralité de Larry Tremblay jusqu’à cette rupture dans la narration.

Cette rupture temporelle m’a un peu déstabilisé, je dois l’avouer, car je ne la trouvais pas opportune. Je me suis dit : c’est dommage, je viens de perdre l’émotion qui me liait aux personnages. Je n’en dévoile pas plus pour laisser le lecteur à venir se faire sa propre idée avec ses propres attentes.

En désaccord avec l’auteur sur ce point là, c’est à la fin qui justifie cette rupture.

L’orangeraie, à mon sens, n’échappe pas à un certain angle de perception un peu grossier sur ce genre de conflits (je l’aurais souhaité plus nuancé, plus subtil). J’y sens le poids de la culture politique américaine. Larry Tremblay est canadien.

Heureusement, les dernières lignes rattrapent les sentiments que j’avais et redonne au texte une dimension plus grande de fable, de conte.

J’ai donc bien aimé L’orangeraie et ce roman me donne envie d’en savoir plus sur l’oeuvre littéraire de Larry Tremblay.

Livrepoche.fr, un livre, une poche…

9 Comments
    • Je préfère ne pas trop en dire pour ne pas enlever des surprises de lecture (même si ce ne sont pas des chutes finales) ! Surtout pour un roman encore dans les nouveautés !

  1. Je l’avais mis dans mes romans à lire, sans trop savoir si ça me plairait vraiment, mais ce que tu en dis me donne bien envie de le découvrir. Par contre, j’ai peur de ne pas trop adhérer à ce qui semble être un parti pris de l’auteur un peu ethnocentré. A voir, donc.

  2. j’ai terminé le roman, je me suis donc hâtée de lire ton avis.
    Pour ma part, j’attends encore un peu pour le donner. Globalement je comprends ton avis et la rupture temporelle m’a étonnée tout comme toi.
    Concernant le fond, j’ai aimé mais pas autant que j’aurai cru.

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